Affaire Bygmalion: Nicolas Sarkozy renvoyé en procès pour ses dépenses de campagne

Nicolas Sarkozy, le 29 janvier au Parc des Princes (Paris) / AFP

L’ancien chef de l’Etat va faire appel de son renvoi en procès pour financement illégal de campagne électorale dans l’affaire Bygmalion. 

Le juge Serge Tournaire a ordonné le renvoi en procès mardi de Nicolas Sarkozy et de treize autres protagonistes, dont les dirigeants de Bygmalion Guillaume Lambert et le député Philippe Briand, dans l’enquête sur ses dépenses de campagne lors de la présidentielle de 2012 et les fausses factures de la société Bygmalion.

Nicolas Sarkozy va faire appel de ce renvoi en procès pour financement illégal de campagne électorale a annoncé mardi son avocat Thierry Herzog, en soulignant qu’un seul des deux juges saisis avait signé l’ordonnance. “Ce désaccord manifeste entre ces deux magistrats, co-saisis d’une même information (judiciaire), fait rarissime pour être souligné, illustre l’inanité de cette décision”, affirme dans un communiqué l’avocat de l’ancien président.

L’ancien chef de l’Etat a été renvoyé en procès pour financement illégal de campagne électorale, le juge lui reprochant d’avoir dépassé sciemment le plafond des dépenses électorales, alors fixé à 22,5 millions d’euros. Le parquet de Paris avait requis le renvoi en correctionnelle de ces 14 personnes le 30 août dernier.

Nicolas Sarkozy déja entendu

Le 16 février 2016, Nicolas Sarkozy avait déjà été entendu dans le cadre de l’enquête sur cette affaire. Le procureur de la République de Paris, François Molins, l’avait alors mis en examen pour “financement illégal de campagne électorale pour avoir, en qualité de candidat, dépassé le plafond légal de dépenses électorales” pour la campagne de 2012. L’ancien président de la République avait également “été placé sous le statut de témoin assisté des chefs d’usage de faux, escroquerie et abus de confiance”, précise le communiqué du procureur.

Rappel de l’affaire

L’enquête Bygmalion, du nom de la société qui organisait ses meetings, porte à l’origine sur un vaste système de fausses factures pour cacher une explosion du plafond légal des dépenses pour la présidentielle, fixé à 22,5 millions d’euros. Elles auraient eu pour objet d’imputer à l’UMP, devenue Les Républicains, quelque 18,5 millions d’euros de dépenses qui auraient dû rentrer dans le compte de campagne.

Plusieurs cadres de Bygmalion, son comptable, ainsi que Jérôme Lavrilleux à l’UMP, ont reconnu l’existence de cette fraude, mais aucun d’entre eux pour le moment n’a mis en cause Nicolas Sarkozy pour l’avoir décidée ou en avoir eu connaissance.

Nicolas Sarkozy était-il au courant ?

L’enquête montre cependant que l’ancien président de la République a demandé et obtenu plus de meetings, vers la mi-mars 2012. Guillaume Lambert, son directeur de campagne de l’époque, l’a alors informé d’une note de l’expert-comptable pointant un risque de dépassement du plafond et interdisant toute dépense supplémentaire.

Entendu par les enquêteurs en septembre 2015 sur cet élément, Nicolas Sarkozy a assuré ne pas s’en souvenir. Il a renvoyé la responsabilité des fausses factures sur Bygmalion et l’UMP dirigée alors par Jean-François Copé, qui a été placé sous le statut de témoin assisté.

Dans son livre confession publié en janvier 2016, ‘La France pour la vie’, Nicolas Sarkozy assure avoir tout ignoré de Bygmalion et de ses pratiques. “Là encore, on aura sans doute du mal à le croire, c’est pourtant, je le jure, la stricte vérité : je ne connaissais rien de cette société jusqu’à ce que le scandale éclate”, écrit-il.

Ceux qui sont déjà poursuivis en justice

L’ancien directeur général Eric Cesari, proche de Nicolas Sarkozy, l’ancien directeur de la communication Pierre Chassat et Fabienne Liadzé, ex-directrice des affaires financières, ont déjà été mis en examen en octobre 2014 pour faux et usage de faux et pour abus de confiance.

Bastien Millot et Guy Alvès, les deux fondateurs de Bygmalion, sont poursuivis pour “complicité de faux et complicité d’usage de faux”, tandis que Franck Attal, l’ancien patron de la filiale événementielle de Bygmalion, Event & Cie, est mis en examen pour “faux et usage de faux”.

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