Afrique du Sud : un policier qui enquêtait sur des viols d'enfants accusé d'agression sexuelle

AFP PHOTO / GULSHAN KHAN

Un fonctionnaire de police, censé préparer deux fillettes victimes de viol à témoigner devant la justice, les aurait agressé sexuellement lors d’une visite dans l’établissement.

Un policier sud-africain est soupçonné d’avoir agressé sexuellement deux fillettes alors qu’il enquêtait sur les agressions sexuelles et viols dont auraient été victimes des dizaines d’élèves dans une école primaire de Soweto, a annoncé ce mercredi la police locale.

“Ces allégations sont graves et l’affaire est traitée en priorité”, a déclaré une responsable de la police, Deliwe de Lange, dans un communiqué.

Ce fonctionnaire aurait agressé sexuellement lundi deux fillettes de 7 et 8 ans lors d’une visite dans leur établissement, destinée à préparer les élèves à leur prochain témoignage devant la justice.


Le gardien d’école déjà suspecté

Les deux fillettes, âgée de 7 et 8 ans, figurent parmi 87 élèves qui auraient été récemment abusés sexuellement par un agent de sécurité de leur école. L’établissement est situé dans le township de Soweto à Johannesburg.

Le ministre régional de l’Education Panyaza Lesufi a jugé ces nouvelles allégations “choquantes”.

“Les enfants ont été victimes d’abus sexuels par deux personnes différentes” et “une personne censée protéger des enfants a trahi leur confiance”, s’est-il insurgé.

Des viols à répétition dans le pays

Le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), s’est insurgé que “des victimes de violences sexuelles, notamment des enfants, puissent être doublement victimes quand ceux qui se voient confier la responsabilité de les aider sont en fait coupables eux-mêmes”.

Selon la DA, les autorités emploient, dans ses unités spécialisées dans les violences sexuelles sur mineurs, 57 personnes qui ont déjà été condamnées. Les autorités sud-africaines enregistrent une centaine de viols par jour. Les victimes peinent à obtenir justice, en raison notamment de “l’attitude discriminatoire de la police”, selon le Conseil sud-africain de la recherche médicale.