Alcool : les Français boivent trop !

Une enquête de santé publique a interrogé 200 000 Français, entre 18 et 69 ans, sur leur consommation d’alcool. Les résultats sont alarmants.

“Tout le monde est touché !” Employés de bureaux, cadres, ouvriers ou artisans… Les Français boivent trop dans leur ensemble, peu importe leur âge, leur milieu ou leur travail. C’est ce que vient d’établir les premiers résultats préoccupants d’une enquête de santé publique.

“Contrairement aux idées reçues, tout le monde est touché, et pas seulement les ouvriers dans l’industrie, pour le dire de manière un peu triviale”. explique Guillaume Airagnes, psychiatre addictologue à l’hôpital Georges-Pompidou. 

D’un point de vue sociologique, toutes les catégories socio-professionnelles seraient concernées par une “consommation à risque” d’alcool. Pour rappel, ce “risque” peut se manifester par un impact dramatique sur la santé physique et psychique, voire sur la vie personnelle, de la personne qui y a trop souvent recours.

Les enseignants et les infirmiers touchés

Par exemple, chez les professions intermédiaires, dont sont issus les enseignants, les infirmiers, ou les techniciens, près de 23% des hommes et 8,6% des femmes sont touchés. Les conclusions battent aussi en brèche certains clichés. Ainsi, chez les femmes, ce sont les cadres qui présentent le plus haut pourcentage de consommation à risque d’alcool (11,7%), bien devant les ouvrières et artisans (8,6%).

L’étude reconnaît néanmoins que certains secteurs sont davantage concernés, notamment ceux qui sont “exposés quotidiennement au public dans le cadre de leur travail”, note Guillaume Airagnes. C’est la cas de l’éducation, des services à la personne ou du commerce. Le chercheur explique ainsi que ces personnes qui subissent une “exposition stressante au public ont davantage de risque d’avoir des consommations d’alcool” plus élevées.

“Binge drinking”

La différence reste marquée selon les sexes. Chez les hommes, cette surconsommation d’alcool se manifeste ainsi par des phénomènes comme le “binge drinking”, qui consiste à boire beaucoup en très peu de temps. Alors que pour les femmes, cette profusion éthylique se remarque par une augmentation de leur absorption hebdomadaire.

L’étude tire la sonnette d’alarme sur les conséquences sociales de tels comportements addictifs. La possibilité de perdre son emploi dans l’année serait quasiment triplé chez les personnes dépendantes. Ce risque concerne “même des gens qui sont en CDI”, et qui ne présentent pas de signes visibles de dépendance, comme “quelqu’un qui arriverait ivre ou tremblotant au travail”, avertit Guillaume Airagnes.

Ces résultats sont tirés de la “cohorte Constances”, vaste enquête de santé publique française lancée en 2013 et qui suit 200.000 volontaires. L’exploitation des données sur ce sujet a été financée par la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).

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