Aristide Barraud, rescapé des attentats du 13 novembre : "j'ai la chance et le bonheur d'être là"

Cet ancien rugbyman professionnel, grièvement blessé devant le Petit Cambodge le 13 novembre 2015, a dû abandonner sa carrière de grand sportif. Deux ans plus tard, il revient avec une autre corde à son arc, l’écriture, avec un livre personnel et intime sur son parcours accidenté, “Mais ne sombre pas”.

Lorsqu’on rencontre Aristide Barraud, on est frappés par la force, la détermination mais en même temps l’immense sensibilité qui se dégage de lui. La force vient sans doute de l’ancien rugbyman professionnel, le reste en partie peut-être des terribles événements qui l’ont frappé, comme tant d’autres, le 13 novembre 2015.

Blessé grièvement devant le Petit Cambodge

Ce jour-là, Aristide Barraud se trouve avec un couple d’amis et sa sœur à Paris. Le groupe décide d’aller se restaurer au Petit Cambodge, dans le XIe arrondissement. Sur place, beaucoup de monde. Aristide et sa bande hésitent un petit moment sur le trottoir, quand la soirée bascule et les premiers tirs retentissent. Le rugbyman se jette sur sa sœur pour la protéger et prend trois balles de kalachnikov, une dans le poumon, deux autres dans la jambe, des endroits clé pour ce sportif professionnel engagé dans l’équipe italienne Mogliano.

Revenir sur le terrain à tout prix

Pourtant, dès les premières heures, Aristide Barraud se fixe un objectif : revenir sur un terrain “pour ne jamais avoir de regret”. Dans son livre, “Mais ne sombre pas”, il raconte ce combat contre les pronostics, contre le pessimisme, contre la douleur et contre son corps parfois, contre les principes de réalité, de précaution. Avec du rire, de la poésie et quelques passages plus sombres, Aristide Barraud parvient à mettre un peu de baume aux cœurs blessés par les attentats : “Si je peux, avec ces textes, rien qu’une seule fois aider une seule personne pour quoi que ce soit, je serais heureux”, écrit-il dans son ouvrage.


Un combat sans haine

Le rugbyman affirme n’avoir jamais ressenti de haine après le 13 novembre 2015 et trouve encore de nombreuses raisons de positiver : le rire, grâce à ses proches, mais aussi la chance « d’être dans un pays où il subsiste encore un peu de social, où on peut se soigner sans être riche », lui qui remercie encore tous les jours le personnel soignant qui l’a accompagné dans sa guérison.

« Mais ne sombre pas », d’Aristide Barraud, éditions du Seuil.

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