Atteint de "phobie administrative", Thomas Thévenoud encoure un an de prison avec sursis

AFP

Accusé de n’avoir pas déclaré ses revenus en 2012, Thomas Thévenoud comparaît mercredi devant le tribunal avec son épouse pour fraude fiscale, une affaire qui lui avait coûté sa place au gouvernement. Le parquet a requis un an de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité.

Le procès de la “phobie administrative” s’est ouvert mercredi. L’éphémère secrétaire d’État Thomas Thévenoud comparaît avec son épouse pour fraude fiscale. La justice reproche au couple de ne pas avoir déclaré ses revenus en 2012 et d’avoir, sur quatre années (2009, 2010, 2011 et 2013), rempli sa déclaration en retard malgré plusieurs relances et mises en demeure de l’administration fiscale. Et ce, pour un montant total de 70.500 euros. Auxquels sont venus s’ajouter 20.500 euros de pénalités de retard. Le parquet a requis mercredi un an de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité.

De tels montants “ne donnent pas lieu habituellement à des poursuites pénales”, déclare dans un communiqué l’avocat du couple, Me Martin Reynaud. Il souligne que la situation fiscale de Thomas Thévenoud et de sa femme Sandra, qui était chef de cabinet de l’ancien président du Sénat, Jean-Pierre Bel, est “totalement réglée” depuis le 1er septembre 2014.

Il n’empêche, après l’affaire des comptes à l’étranger de l’ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac, ce dossier avait, fin 2014, écorné davantage la “République exemplaire” souhaitée par François Hollande. Thomas Thévenoud faisait d’ailleurs partie de la commission d’enquête parlementaire sur cette affaire.

“Phobie administrative”

L’affaire “Thévenoud”, c’est celle d’une ascension politique brisée net. Neuf jours seulement après sa nomination comme secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger, le gouvernement avait annoncé sa démission le 4 septembre 2014.

Il est ainsi le ministre le plus éphémère de la Ve République, avec Léon Schwartzenberg en 1988. Ministre délégué à la Santé du gouvernement Rocard, M. Schwartzenberg avait été poussé à la démission lui aussi neuf jours après son entrée en fonction, en juillet 1988, après des déclarations controversées sur la toxicomanie.

Âgé de 42 ans, il a annoncé récemment qu’il ne se représenterait pas aux prochaines législatives et qu’il arrêtait la politique. Plein d’autodérision, il avait en juin dernier pris soin de faire dans un tweet savoir qu’il avait bien rempli sa déclaration d’impôts:


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