Brésil : l'ancien président Lula restera finalement en prison

Des supporters de Lula demandant sa libération – AFP

Le sort de l’ancien président brésilien, condamné pour corruption, a connu dimanche un imbroglio judiciaire autour de sa remise en liberté.

Lula restera finalement en prison. Dimanche, le juge Rogerio Favreto de la cour d’appel de Porto Alegre, dans le sud du pays, a créé la surprise des Brésiliens en demandant la mise en liberté de l’ancien président, condamné pour corruption.

Ses partisans ont aussitôt commencé à fêter sa libération imminente, trois mois après son incarcération. Plus de mille personnes se sont ainsi rassemblées devant le bâtiment de la police fédérale à Curitiba, où Lula est détenu, en réclamant sa libération.

Lula maintenu en détention

Mais nouveau retournement de situation plus tard dans la journée, Carlos Eduardo Thomson Flores, président de la cour d’appel brésilienne, a désavoué son collègue magistrat en décidant lui du maintien en détention de Lula.

Et ce, suite à une seconde décision de justice du juge Joao Pedro Gebran Neto demandant aussi le maintien en détention. Contredit, le juge Rogerio Favreto a pourtant réaffirmé sa décision dimanche soir. 

“Je réaffirme la teneur des décisions prises antérieurement, en décrétant la mise en oeuvre immédiate de la mesure de libération dans un délai maximum d’une heure”

A la surprise générale, le magistrat avait annoncé dimanche accepter une demande présentée vendredi par plusieurs députés du Parti des Travailleurs (PT), fondé par Lula en 1980. Il avait même demandé que cette libération ait lieu le jour même, “selon le régime d’urgence”.

Confusion au Brésil

En seulement quelques heures, cet imbroglio judiciaire a créé la confusion au Brésil. L’enjeu est de taille. Bien qu’emprisonné, Lula est déclaré en tête des intentions de vote pour l’élection présidentielle d’octobre, s’il venait à être candidat. Les médias brésiliens ont d’ailleurs rappelé dimanche que le juge Favreto, ancien avocat, avait été membre du PT, le parti du Lula, de 1991 à 2010. 

S’il était remis en liberté, le candidat verrait sans doute sa candidature invalidée par le tribunal électoral. Mais il n’empêche que cette libération, très politique, si elle venait à être effective, apporterait son lot de chaos à un scrutin à l’issue déjà très incertaine. 

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