Castorama et Brico Dépôt : 409 suppressions de postes en France

AFP

Les suppressions d’emplois se partagent entre 321 chez Castorama et 88 chez Brico Dépôt.

C’est un coup dur pour les salariés français de Castorama et Brico Dépôt. Le groupe anglais Kingfisher, spécialisé dans les magasins de bricolage, a annoncé mardi la suppression de 409 postes en France chez ces deux enseignes. Une décision que déplorent les syndicats qui pointent “toujours plus de dividendes aux actionnaires”.

Le plan “One Kingfisher”

Selon un communiqué, le “plan de transformation” nommé “One Kingfisher” prévoit :

Un programme d'”investissements informatiques, la mise en place d’une centrale d’achat unique, des évolutions des métiers du marketing et du commerce, ainsi que la création d’un centre de services partagés en Pologne pour gérer ses activités de transactions financières et comptables” .

409 postes supprimés

La mise en oeuvre de ce projet entraînerait en France “la suppression de 409 postes, la création de 102 postes et le transfert de 164 postes – à conditions d’emplois équivalentes”, ajoute la direction.
Les suppressions d’emplois se partagent entre 321 chez Castorama et 88 chez Brico Dépôt, dans un groupe fort de 20.000 employés en France.

“Dans un contexte de mutations profondes du secteur du commerce, ces évolutions doivent permettre aux enseignes de restaurer leur compétitivité et de renouer avec la croissance, en proposant à la clientèle des produits de qualité à un prix hautement concurrentiel et en développant la qualité de service” (direction).

Pour le délégué central CFE-CGC chez Brico-dépôt, Philippe Banse “l’activité commerciale du groupe, le chiffre d’affaires, régressent certes, mais les résultats opérationnels et les actions en Angleterre progressent tous les ans”. “Il y a eu de la part de la direction un manque d’anticipation du commerce sur internet”, a-t-il critiqué auprès de l’AFP.

“Plus de dividendes aux actionnaires”

Kingfisher a annoncé en septembre un recul de 8,1% de son bénéfice net au premier semestre, à 295 millions de livres (332 millions d’euros).

“C’est intolérable, c’est toujours pour donner plus de dividendes aux actionnaires”, a également dénoncé auprès de l’AFP Nicolas Euzenot, délégué CGT de Castorama.

“Ils déroulent le projet comme un rouleau compresseur et les dommages collatéraux sont là”.

“Plan social déguisé”

Le syndicaliste dénonce dans les transferts “un plan social déguisé”: “La plupart des salariés concernés ne vont pas vouloir changer de métier, surtout ceux proches de la retraite”, a-t-il dit.

La directrice générale du groupe Kingfisher, la Française Véronique Laury, avait annoncé le 8 novembre, dans une vidéo diffusée dans l’ensemble des sociétés, le regroupement des activités comptabilité et contrôle de gestion dans un centre de services à Cracovie. Le plan devrait être effectif à horizon fin 2018.