Dépakine : Sanofi au cœur d'un nouveau scandale

Illustration Reuters

L’usine de Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantique, où est produit la Dépakine, rejetterait des substances toxiques “à des taux astronomiques”, selon France Nature Environnement.

Le Depakine encore et toujours au cœur de la polémique. Cette fois, c’est l’usine de Mourenx  Sanofi produit le médicament anti-épileptique qui pose question. La chaîne de fabrication rejetterait en effet des “matières dangereuses à des taux astronomiques”, selon l’association France Nature Environnement (FNE).

Le groupe pharmaceutique a réagi à ces accusations, reconnaissant “un problème de dépassement localisé des seuils de rejet de vapeur de solvants”. Toutefois Sanofi assure que “les populations ne sont pas exposées à des niveaux supérieurs aux seuils fixés par la réglementation”.

Cinq composants toxiques identifiés

Plus précisément incriminés, “cinq composés organiques volatils (bromopropane, toluène, isopropanol, valéonitrile et propène) dans l’air dans la limite globale de 110 mg/m3”, que l’usine, située dans le bassin industriel de Lacq, a l’autorisation d’émettre. Le cas du bromopropane, composant de la Depakine est particulièrement alarmant pour FNE. Des contrôles ponctuels révèlent des dépassements “de 90.000 fois et 190.000 fois la norme”. 

“Si ces dépassements ont été possibles c’est parce que Sanofi ne contrôlait pas ses trois colonnes (de l’usine), mais une seule. Jamais contrôlées, les deux autres ont envoyé ces quantités astronomiques de polluants dans l’air”

Le bromopropane : un composant dangereux

Le bromopropane peut nuire à la fertilité, au fœtus, mais aussi irriter les voies respiratoires et la peau. FNE et l’association locale Sepanso 64 “demandent l’arrêt immédiat des pollutions, quitte à envisager la fermeture administrative du site”, et comptent porter plainte.

De son côté, Sanofi répond avoir “diligenté une étude d’impact sanitaire auprès d’un organisme indépendant qui a conclu que les populations ne sont pas exposées à des niveaux supérieurs aux seuils fixés par la réglementation”.

Jusqu’à 4000 enfants atteints de malformations

Pas sur que ce nouveau scandale rassure les consommateurs. La dépakine, médicament prescrit pour traiter l’épilepsie ou les troubles bipolaires, a récemment été reconnu responsable par l’Agence nationale de Santé de malformations physiques et d’anomalies du système nerveux de plusieurs milliers d’enfants.