Ébriété et insultes : Jean-Vincent Placé condamné à trois mois de prison avec sursis

AFP

L’ex-secrétaire d’Etat comparaissait aujourd’hui pour une nuit d’ivresse parisienne qui avait dégénéré en avril dernier.

Gueule de bois judiciaire pour Jean-Vincent Placé. L’ex-secrétaire d’Etat a été condamné lundi à Paris à trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d’amende pour violences et outrages lors d’une soirée alcoolisée en avril dans la capitale. L’ancien sénateur écologiste avait été interpellé ivre à la sortie d’un bar du VIème arrondissement parisien.

Etat d’ébriété, insultes…

Selon des témoins, l’ex-membre du gouvernement Hollande, aurait alors professé des insultes racistes envers un videur de l’établissement. L’ex-sénateur écologiste venait alors d’être expulsé par le portier après une altercation avec une cliente de l’établissement.

“On n’est pas au Maghreb ici, tu sais pas qui je suis, je vais te descendre en Afrique, moi (…) On n’est pas à Ouagadougou, Ryanair fait des promotions (…) le prix de ma chemise, cela fait un RSA pour ta famille”.

“Mais vas-y, je te paye”

Selon l’une des jeunes femmes, l’actuel conseiller régional d’Île-de-France aurait en effet eu un comportement “insistant”, voire même déplacé. “Il m’a dit “je suis ministre, ce qui me ferait très plaisir, c’est que tu danses pour mon ami”, témoigne-t-elle.

La jeune femme refuse et assure avoir alors été violemment saisie par le bras par l’élu qui lui aurait lancé: “Mais vas-y, je te paye”. “Ça avait un caractère dégradant, ça m’a choqué”, a-t-elle ensuite déclaré.

“Espèce de tocards, vous ne savez pas qui je suis”

Les policiers, qui finiront par intervenir, en auraient aussi pris pour leur grade.”Espèce de tocards, vous ne savez pas qui je suis”, leur aurait ainsi lancés Jean-Vincent Placé. Durant sa garde à vue, l’élu d’Île-de-France, qui totalisait un taux d’alcoolémie de plus de 2 grammes d’alcool par litre de sang, a reconnu un comportement “inadapté et moralement répréhensible” vis-à vis de la jeune femme mais contesté l’avoir brutalisée ou insultée, comme des témoins l’ont rapporté.

Une “gifle de légionnaire”

L’ex-sénateur ne conteste pas l’outrage à agents mais le justifie par son exaspération d’avoir été appréhendé alors qu’il venait de recevoir une “gifle de légionnaire” du portier qui lui avait cassé ses lunettes et qui, lui, n’était pas inquiété.

Devant les enquêteurs, Jean-Vincent Placé a aussi nié tout acte de violence et tout dérapage raciste, selon ses avocats Kiril Bougartchev et Sébastien Muratyan. L‘ancien sénateur conteste également toute connotation raciste dans les propos tenus lors de son altercation avec le videur.

Ses avocats font d’ailleurs valoir que Jean-Vincent Placé “est un homme de gauche, parrain d’une alliance franco-marocaine”. Et que par conséquent, “il n’est pas raciste”. 

Jean-Vincent Placé en garde à vue