Édouard Philippe bannit l'écriture inclusive des textes officiels

Le Premier ministre français Edouard Philippe à Bobigny, près de Paris, le 20 novembre 2017

Le Premier ministre a demandé aux ministres de “ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive”, qui fait polémique en France.

Le Premier ministre a tranché. Dans une circulaire, Édouard Philippe donne en effet consigne à ses ministres de bannir des textes officiels l’écriture dite “inclusive”. Cette règle controversée d’élargissement du féminin dans la langue française suscite un vif débat ces derniers mois en France.

“Je vous invite, en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive”, écrit le chef du gouvernement, dans cette circulaire à paraître mercredi dans ce même JO.

“Bonne application de ces principes”

L’ancien maire du Havre y demande à ses ministres de veiller à “la bonne application de ces principes”. “Les administrations relevant de l’État doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme”, justifie-t-il.

Une langue française sexiste

Portée par des cercles féministes mais rejetée par l’Académie française notamment, l’écriture inclusive remet en cause la règle d’accord de la langue française, jugée sexiste, selon laquelle, au pluriel, “le masculin l’emporte sur le féminin”.

Elle se traduit par des graphies comme “les député.e.s” ou “les électeur.rice.s” ou par une règle d’accord avec le sujet le plus proche, par exemple “Louis et Louise sont belles”.

Matignon veut “clore la polémique”

Alors que le débat fait rage en France, notamment avec l’édition d’un manuel scolaire en écriture inclusive, la circulaire vise à apporter une “clarification après des initiatives dans certaines administrations” et à “clore la polémique”, a expliqué Matignon.

Ce qui n’empêche pas le gouvernement d’être par ailleurs “résolument engagé dans le renforcement de l’égalité entre les femmes et les hommes”, selon le texte de la circulaire. Dans sa note, Édouard Philippe précise par ailleurs les règles d’accord qui doivent s’appliquer dans les actes administratifs.

Dans les textes réglementaires, “le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aux femmes”, indique-t-il.

Quelques exceptions…

En revanche, quand l’auteur d’un texte officiel ou la personne nommée est une femme, il convient bien d’écrire “la ministre”, “la secrétaire générale” et de féminiser la fonction en se référant à un guide (“Femme, j’écris ton nom…”) élaboré par le CNRS et l’Institut nationale de la langue française.

Petite exception : dans les actes de recrutement et avis de vacances publiés au JO, le Premier ministre demande d’utiliser des formules comme “le candidat ou la candidate” afin cette fois “de ne pas marquer de préférence de genre”.

Après l’écriture, la grammaire inclusive

Lire aussi :
Eure : moins d’une heure après l’avoir obtenu, il perd son permis de conduire
Qui est la chanteuse la mieux payée de l’année ?

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages