Macron à la "conquête" des agriculteurs

AFP

Pour sa première visite au Salon de l’agriculture en tant que président, Emmanuel Macron s’est efforcé samedi de désamorcer la défiance des producteurs, parfois lors d’échanges virulents.

Poignées de mains, sifflets et échanges tendus, Emmanuel Macron se rendait samedi, pour la première fois depuis son élection, au salon de l’agriculture. Le chef de l’Etat n’a pas été ménagé par les agriculteurs sur des thèmes tels que le loup, le glyphosate, le Mercosur ou encore la PAC.

Accueilli aussi bien par des sifflets que des applaudissements, le président a tenu à répondre pied à pied à une foule d’interpellations, parfois agitées, lors de l’inauguration de cette 55e édition.

“Je vous engueule parce que j’aime pas qu’on me siffle derrière; mais après je viens vous voir et on s’explique”

Il a aussi répondu à des éleveurs qui l’interpellaient sur le plan loup annoncé lundi par le gouvernement, qui a mécontenté aussi bien les agriculteurs que les défenseurs de l’environnement.

“Si vous voulez me faire dire qu’on supprimera les loups, je ne le dirai pas. Si vous voulez l’engagement qu’on renforcera les moyens de protection ou qu’on sortira les loups de ces bassins je m’y engage”.


Politique agricole commune

Les agriculteurs français s’inquiètent beaucoup de l’avenir de la PAC, dont la France est l’un des principaux bénéficiaires, après le départ du Royaume-Uni. Vendredi à Bruxelles, les dirigeants européens ont fait un constat de leurs divisions sur ce sujet.

Avant de rencontrer le commissaire européen à l’Agriculture Phil Hogan, Emmanuel Macron a évoqué l’Europe avec les agriculteurs :

“Pour la prochaine Politique agricole commune (PAC), je veux un mécanisme de garantie de prix minimum pour les éleveurs européens. Si on ne fait pas attention, on ne pourra plus choisir, ce sera le marché du prix qui aura décidé pour nous”.

La FNSEA salue une “position très ferme”

La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, qui redoutait vendredi de voir la France baisser la garde à Bruxelles, a finalement salué samedi la “prise de position très ferme” du président français devant les autres chefs d’Etat européens sur le budget de la PAC. Peu avant 8h, le président avait pris le petit déjeuner avec les syndicats agricoles.


Pour déminer le terrain devant l’angoisse du monde rural, le président avait déjà expliqué jeudi à 700 jeunes agriculteurs reçus à l’Elysée qu’il voulait réorganiser l’agriculture en “filières” pour tenter de garantir sa rentabilité, tout en la sortant de sa dépendance aux fonds publics européens.

Il avait aussi laissé entrevoir le lancement d’un système de “préretraites agricoles avec une sortie progressive de l’activité”, afin de permettre à un jeune de prendre la suite de ses parents.
“Ce que je crains le plus (…) c’est ceux qui n’ont même plus l’énergie de protester”, a dit le président à la presse qui l’interrogeait sur l’ambiance du salon.

Le Salon de l’Agriculture, un passage obligé pour les politiques