Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France frappent la Syrie

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ont frappé des cibles militaires stratégiques en Syrie la nuit dernière, en passant outre l’aval de l’ONU. “Mission accomplie” s’est félicité Donald Trump samedi.

Pour Washington, Londres et Paris, un cap a donc été franchi. La nuit dernière, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ont frappé des cibles militaires stratégiques en Syrie, en représailles à l’attaque du 7 avril à Douma imputée au régime de Damas.

Ces raids, dont la menace planait depuis plusieurs jours ont visés trois sites liés au programme d’armement chimique syrien près de la capitale et dans le centre du pays. Le président Assad a dénoncé une “agression” qui ne fait que “renforcer” sa “détermination à continuer de lutter et d’écraser le terrorisme”, terme par lequel il désigne les rebelles. 

“Mission accomplie” pour Trump

Le président américain a salué quant à lui une frappe “parfaitement exécutée” dont “le résultat n’aurait pu être meilleur”. “Mission accomplie!”, a-t-il tweeté. 

“Une frappe parfaitement exécutée la nuit dernière. Merci à la France et au Royaume-Uni pour leur sagesse et la puissance de leurs belles armées. Nous ne pouvions avoir de meilleur résultat. Mission Accomplie”


“Succès de la mission”

L’ensemble des frappes aurait ainsi durablement affaibli le programme d’armement chimique syrien, selon le Pentagone. Côté français, la ministre de la défense, Florence Parly ainsi que le chef d’état-major François Lecointre se sont aussi félicités du “succès” de l’opération.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a ainsi estimé qu’une “bonne partie de l’arsenal chimique” avait été “détruite”. Les 12 missiles français ont atteint leurs objectifs, a assuré Florence Parly. Des objectifs confirmés comme deux sites de stockage et d’assemblage d’armes chimiques, près de Homs.

Échec de la résolution russe à l’ONU

Les raids n’ont fait “aucune victime au sein de la population civile ou de l’armée syrienne”, a pour sa part fait valoir l’armée russe, dont les installations sur place ont été soigneusement évitées. Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Moscou a ainsi tenté une riposte diplomatique en présentant samedi un projet de résolution pour condamner “l’agression contre la république arabe syrienne par les Etats-Unis et ses alliés en violation du droit international et de la charte de l’Onu”. Une résolution qui, sans surprise, n’a pas été adoptée par les membres permanents du Conseil.

Emmanuel Macron a d’ailleurs estimé que le temps n’était plus à l’action militaire et que le Conseil de sécurité de l’ONU devait “maintenant” reprendre “l’initiative”. Au même moment, Washington, via Nikki Haley, l’ambassadrice américaine à l’ONU, se disait prêt à frapper à nouveau si d’aventures Damas venait à recourir à nouveau aux armes chimiques.

“J’ai parlé au président (Trump) ce matin, il a dit que si le régime syrien continue d’utiliser ce gaz toxique, les Etats-Unis sont prêts à dégainer de nouveau” (Nikki Haley)