Espagne : face à Madrid, Puigdemont s'en remet au Parlement catalan

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a annoncé samedi avoir déclenché l’article 155 de la Constitution. Madrid prend ainsi le contrôle de la gestion de la Catalogne. Ce soir, le président du gouvernement catalan Carles Puigdemont a fustigé l’attitude de l’Etat Espagnol et a annoncé s’en remettre au Parlement régional.

“Les Catalans ne peuvent accepter les mesures prises par Madrid”. Carles Puigdemont a estimé, samedi soir, que les mesures prises par le gouvernement central étaient les “pires atteintes” depuis Franco.

La situation politique de la région semble pourtant s’enliser. Sans jouer pour l’instant la carte de la proclamation unilatérale d’indépendance, le président du gouvernement catalan a demandé au Parlement catalan de débattre des mesures prises par le gouvernement espagnol, alors même que Madrid vient de suspendre l’autonomie politique de Barcelone.

Article 155 activé par Madrid

Mariano Rajoy, a en effet annoncé samedi midi que son gouvernement avait activé l’article 155. C’est la première fois depuis le retour de la démocratie en Espagne dans les années 1970 que Madrid invoque ce texte de la Constitution, qui prévoit la suspension de l’autonomie d’une région par le gouvernement central espagnol.

Destitution de Puigdemont

Les prérogatives du Parlement de Catalogne seront dorénavant encadrées et les pouvoirs de l’administration catalanes transférés au gouvernement central. Par ailleurs, le chef du gouvernement espagnol va demander au Sénat d’approuver la destitution du président de la généralité de Catalogne, Carles Puigdemont. Le gouvernement souhaite ainsi la tenue d’élections en Catalogne dans les six mois.

Mariano Rajoy a reçu vendredi le soutien clair du roi d’Espagne, Felipe VI, pour qui “la Catalogne est et restera une composante essentielle” de l’Espagne. Il a obtenu également le soutien de l’opposition pour mettre la Catalogne sous tutelle.

Il appartient désormais au Sénat d’approuver ou non la mise en oeuvre de ces mesures d’exception. Un vote est prévu vendredi prochain 27 octobre à la chambre haute du Parlement

Rassemblement à Barcelone

Des dizaines de milliers d’indépendantistes catalans, 450.000 manifestants selon la police locale, le président du gouvernement catalan Carles Puigdemont en tête, ont envahi le centre de Barcelone samedi pour réclamer l’indépendance.

“Il est temps de déclarer l’indépendance”, a affirmé Jordi Balta, 28 ans, employé dans une papeterie, jugeant que l’heure n’était plus au dialogue.

La manifestation prévue à l’origine pour réclamer la libération de deux leaders séparatistes, Jordi Cuixart, de Omnium Cultural, et Jordi Sánchez, de l’Assemblée nationale catalane (ANC), emprisonnés pour sédition, a changé de tournure après les annonces de Madrid.

Le bras de fer entre Madrid et l’exécutif catalan dure depuis des semaines et l’organisation, jugée illégale par la Cour constitutionnelle d’Espagne, d’un référendum d’autodétermination en Catalogne qui s’est tenu le 1er octobre et s’est soldé par une très large majorité de votants en faveur de l’indépendance, même si le taux de participation n’a été que de l’ordre d’un peu plus de 40%.

 

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