Grève générale à Mayotte : Annick Girardin annonce des mesures

La ministre des Outre-mer est sur place pour entamer le dialogue.

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a annoncé lundi à Mayotte une série de mesures, notamment sécuritaires, pour répondre aux inquiétudes de l’île secouée depuis plusieurs semaines par des grèves et des blocages. Présente sur le territoire du 101e département français, la ministre entend mener un dialogue avec les élus.

“Je suis bien là pour dialoguer”, a-t-elle dit lors d’une conférence de presse. “Le gouvernement par ma présence tend la main aux élus qui n’auraient pas encore décidé de venir dialoguer avec moi, tend la main également au collectif et à l’intersyndicale”.

Le problème de l’insécurité

“Personne ne peut se satisfaire qu’il y ait encore des enfants qui n’ont pas pu se rendre à l’école aujourd’hui”, alors que des barrages ont entraîné la fermeture de 70 des 180 écoles.

Pour répondre au problème de l’insécurité, notamment aux abords des établissements scolaires, la ministre a notamment annoncé le maintien jusqu’à la fin de l’année scolaire d’un escadron de gendarmerie mobile arrivé en renfort et l’augmentation du fonds ministériel de prévention de la délinquance.


Les Mahorais sont confrontés à une immigration massive en provenance des Comores voisines, où le niveau de vie est encore inférieur à celui de Mayotte. Nombreuses sont les mères comoriennes qui gagnent le département illégalement afin d’y accoucher dans de bonnes conditions à l’hôpital de Mamoudzou.

Pour lutter contre “l’abus du droit du sol”, Annick Girardin a annoncé la création d’un “groupe dédié” visant à donner un “statut extraterritorial” à la maternité de Mayotte, la première de France en termes de naissances, afin qu’une admission en son sein ne permette pas automatiquement d’obtenir la nationalité française.’

Sur place, la visite d’Annick Girardin ne fait pas l’unanimité. L’intersyndicale et le Collectif des citoyens, responsables du mouvement de protestation, condamnent ”sa méconnaissance du territoire”, espérant la visite de ”quelqu’un qui puisse engager le gouvernement” comme le chef de l’Etat, le Premier ministre ou le ministre de l’Intérieur.

”Mayotte est dans un état catastrophique”

Entre manifestations dans les rues, opérations escargot, barrages des axes routiers, les locaux déplorent le manque d’actions de la part du gouvernement français :

”Mayotte est dans un état catastrophique, cela devrait être un cas d’urgence et les réponses que l’on nous apporte ne sont pas suffisantes”, a déclaré dans La Croix Rafsa Youssouf Ali, présidente de la Confédération syndicale des familles.

Mayotte : jours de colère contre l’insécurité


La réaction de l’Etat

Des moyens ont été envoyés à Mayotte la semaine dernière pour sécuriser les établissements scolaires, touchés par la violence. Le nombre des membres des forces de l’ordre est désormais de 987. Le gouvernement réfléchit aussi à créer “un statut extra-territorial” pour la maternité de Mayotte où 70% des 10.000 naissances par an sont issues de parents étrangers. Y naître ne garantirait plus l’octroi automatique de la nationalité française.

“La République n’abandonne pas Mayotte, n’abandonnez pas la République”,  a déclaré dimanche 11 mars, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement.

La contestation a encore pris de l’ampleur ce week-end avec le blocage du principal port de l’île. Mardi, un appel à manifester massivement a été lancé.