Groupe de Tarnac : le procès s'ouvre mais pas pour terrorisme

Tarnac (Corrèze) – AFP

Le procès de huit membres du groupe de Tarnac s’ouvre ce mardi. La qualification terroriste du dossier a finalement été écartée.

Il aura fallu dix ans pour que le procès du groupe de Tarnac suspecté de sabotages de lignes TGV s’ouvre, finalement devant un tribunal correctionnel. Ce mardi, huit membres de la communauté libertaire installée en Corrèze, présentés en 2008 comme de dangereux terroristes “d’ultra-gauche”, comparaissent pour des dégradations d’une ligne SNCF.

Julien Coupat parmi les prévenus

Parmi les prévenus, le leader et théoricien présumé du groupe : Julien Coupat, 43 ans. Il comparaît avec son ex-compagne Yildune Levy, 34 ans, Elsa Hauck, 33 ans, et Bertrand Deveaud, 31 ans. Tous les quatre sont poursuivis pour “association de malfaiteurs” et encourent dix ans de prison.

Comparaissent également Christophe Becker, 41 ans, et Manon Glibert, 34 ans, poursuivis pour falsification ou recel de documents volés. Enfin, Benjamin Rosoux, 39 ans, et Mathieu Burnel, 36 ans, sont poursuivis, comme quatre des autres prévenus, pour refus de se soumettre à un prélèvement biologique.

Une instrumentalisation politique pour les accusés

Mais l’affaire Tarnac résonne surtout comme une mise en cause de l’appareil judiciaire. D’ailleurs le procès devrait focaliser en partie son attention sur un procès-verbal capital pour l’accusation mais considéré comme un faux par la défense. Il relate la surveillance policière du couple Coupat-Levy la nuit d’un des sabotages.

 “L’affaire Tarnac, c’est l’histoire d’une instrumentalisation du judiciaire par le politique”, explique l’avocate de Yildune Levy, Me Marie Dosé.

Les accusés ont plusieurs fois accusé l’Etat d’avoir utilisé l’affaire pour théoriser le danger d’un retour en France d’un terrorisme d’extrême gauche.

“Il fallait évidemment que cette procédure qui avait commencé en fanfare finisse par un procès, ça ne pouvait pas donner un non-lieu. C’est une question d’honneur de l’institution”, a commenté jeudi dernier Julien Coupat sur France 2.

Le procès doit durer jusqu’au 30 mars.

Retour sur les principales étapes de l’affaire Tarnac :