La fin de l'"exit tax" devrait coûter plus cher que prévu

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La suppression de cet impôt, souhaitée par Emmanuel Macron, ferait perdre six milliards d’euros de recettes fiscales.

Pour une partie des Français, la décision d’Emmanuel Macron de supprimer l'”exit tax” avait sonné comme un énième cadeau fait aux plus riches. C’était en janvier 2018, dans un entretien donné au magazine Forbes. “Je ne veux pas d”’exit tax” Cela n’a pas de sens. Les gens sont libres d’investir où ils veulent”, avait déclaré le chef de l’État.

“C’est une grave erreur pour nos start-up parce que nombre d’entre elles, considérant la France moins attractive, ont décidé de lancer leurs projets en partant de zéro à l’étranger afin d’éviter cet impôt”, avait-il ajouté, affirmant que cet impôt envoie “un message négatif” aux entrepreneurs. 

Un impôt créé pour dissuader les grands patrons d’aller à investir à l’étranger

Cette taxe, mise en place par Nicolas Sarkozy en 2011, a été créée pour dissuader les grands patrons d’aller exercer à l’étranger pour payer moins d’impôts. Concrètement, elle vise à fortement imposer les plus-values réalisées par un chef d’entreprise qui serait parti s’installer à l’étranger avant de vendre sa société et d’empocher les bénéfices.

6 milliards de perte contre 2,5 annoncés par le gouvernement

Problème, la suppression de cet impôt devrait se solder par un gros manque à gagner, révèle Le Monde. Au lieu des 2,5 milliards d’euros de perte initialement avancés par l’exécutif, moins six milliards d’euros de recettes fiscales sont attendus, d’après les calculs du responsable de la direction de la législation fiscale au ministère de l’Économie et des Finances, Christophe Pourreau. 

Les députés de la commission des finances de l’Assemblée nationale ont pris connaissance de ce chiffre lors de l’audition de responsables administratifs de Bercy, mardi 12 juin. Et sont ressortis décontenancés de cette réunion. “Nous voulions disposer d’éléments chiffrés clairs et informés avant tout débat politique. On aurait pu clairement faire mieux”, a regretté dans les colonnes du quotidien du soir Amélie de Montchalin, qui dirige les députés LREM de la commission des finances. 

Et pour ne rien arranger, rien ne permet pour le moment d’expliquer cet écart de chiffres, conclut Le Monde.