Macron sur Lactalis : "Si des sanctions doivent être prises, elles seront prises"

En voyage à Rome, le président de la République a réagi au scandale du lait infantile contaminé. Jeudi, Lactalis a assuré avoir travailler “en parfaite collaboration” avec les services de l’Etat.

“Ce qui devra être sanctionné, le sera”. Emmanuel Macron brandit la menace des sanctions. Depuis Rome le chef de l’Etat a réagi à l’affaire des produits Lactalis.

“Si des sanctions doivent être prises, elles seront prises”

“J’ai demandé au ministre de l’Economie (Bruno Le Maire) de convoquer les parties prenantes” dès jeudi soir, a ajouté le président. A la lumière des résultats, “si des sanctions doivent être prises, elles seront prises”, a-t-il averti. Indiquant qu’il n’y aurait “aucune tolérance”, il a précisé que les contrôles seraient renforcés.

“Parfaite collaboration”

Jeudi, le groupe Lactalis a renouvelé ses excuses aux parents des bébés contaminés. L’industriel a en outre assuré travailler “en parfaite collaboration” avec les services de l’Etat depuis le début de l’affaire du lait contaminé à la salmonelle, malgré de sévères critiques du ministre de l’Economie.

Des “comportements inacceptables”

Plus tôt jeudi, Bruno Le Maire avait déjà affiché sa détermination dans cette affaire lors d’un point-presse. Le ministre de l’Économie a d’abord tenu à rassurer en annonçant 2 500 contrôles supplémentaires de la DGCCRF “dès la semaine prochaine”.

Le ministre de l’Économie a également accusé Lactalis d’être une entreprise “défaillante”, ne ménageant pas ses critiques :

“Cette affaire est grave, elle a donné lieu à des comportements inacceptables qui devront être sanctionnés”.

Bruno Le Maire a par ailleurs rappelé que c’est lui-même qui a dû signer un arrêté le 9 décembre pour suspendre la commercialisation des laits infantiles et le rappel de quelque 600 lots, soit 11 000 tonnes.

“L’État s’est donc le 9 décembre substitué à une entreprise défaillante dont je rappelle qu’elle est la seule responsable de la qualité et de la sécurité des produits mis sur le marché”, a conclu M. Le Maire qui a convoqué la direction de Lactalis à Bercy ce vendredi.

Des produits distribués malgré le rappel

Malgré le rappel de Lactalis le 21 décembre dernier, cinq groupes de grande distribution (Leclerc, Carrefour, Système U, Auchan, Casino) ont reconnu avoir vendu des produits Lactalis qui auraient dû être retirés de la vente.  Eux aussi seront convoqués à Bercy, dès ce soir, a annoncé Bruno Le Maire.

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Un “dysfonctionnement majeur”

“C’est un dysfonctionnement majeur dans la procédure de retrait/rappel par les opérateurs, dont c’est la responsabilité”, avait un peu plus tôt affirmé le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, en marge d’une conférence sur l’ouverture prochaine du Salon international de l’Agriculture. Lors de ses déclarations, il a appelé les distributeurs à faire “toute la lumière sur les défaillances qui ont été constatées”, “que plus aucun des produits concernés ne soit sur le marché”.

Lactalis au chômage partiel

Après ce scandale, l’usine de Craon est toujours à l’arrêt.

“A ce jour, aucune date de reprise ne peut être envisagée tant que nous n’aurons pas déterminé avec exactitude et précision la source de contamination et tant qu’elle n’aura pas été clairement identifiée et supprimée” a déclaré le ministre de l’Agriculture.

Lactalis a déclaré la mise en place d’un chômage partiel pour les 250 salariés de l’usine de Craon au moins jusqu’au 4 février prochain.