L'affaire Seznec relancée, un siècle après

AFP

Un os humain a été découvert samedi dans la maison de la famille Seznec à Morlaix, dans le Finistère. Les fouilles ont repris dimanche sous le contrôle de la police.

Un os humain vient-il de relancer une affaire vieille de près d’un siècle ? Cette découverte a été faite samedi lors de fouilles dans la maison où vivait la famille Seznec à Morlaix, dans le Finistère. Cet os provient-il de la dépouille de Pierre Quémeneur, près d’un siècle après sa disparition ? Le procureur de Brest Philippe Récappé en a l’espoir :

“Ça pourrait être un os humain, peut-être une tête de fémur”

“Ça pourrait être un os humain, peut-être une tête de fémur”, a indiqué le procureur arrivé sur les lieux plusieurs heures après le début de fouilles dans un ancien cellier, ajoutant qu'”une photo en a été prise” et “a été transmise au médecin légiste”.

Un morceau de pipe a été également retrouvé. Après cette découverte, “la PJ de Rennes a été saisie” et les “fouilles ont été bloquées”, a précisé le procureur. Selon lui, “d’autres fouilles vont être menées” sous le contrôle de la police et de la justice”. Dans un premier temps, il n’a pas été possible de déterminer si l’os découvert était d’origine humaine ou animale.

Les fouilles ont repris dimanche

Une dizaine de bénévoles participaient à ces fouilles privées entamées samedi dans un ancien cellier à l’aide d’une tractopelle. La propriétaire de la maison, actuellement inoccupée, a donné son autorisation pour qu’elles soient menées dans l’ancienne cave et l’ancien cellier.

Elles ont repris dimanche cette fois sous le contrôle de la police de Morlaix. “La police scientifique est sur les lieux aujourd’hui”, a déclaré un des initiateurs des fouilles, Bertrand Vilain, auteur d’un livre sur l’affaire.

“Il y aura d’autres choses. On s’attendait à faire des découvertes à un mètre de profondeur et on trouve à la surface”

Épilogue de l’affaire Seznec ?

Guillaume Seznec a été condamné en 1924 au bagne à perpétuité pour le meurtre un an plus tôt de Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère avec lequel il était associé en affaires, ainsi que pour des faux en écriture.

Mais le corps de Quémeneur n’a jamais été retrouvé et Seznec, condamné sans preuves, n’a jamais avoué. Ces nouvelles recherches sont motivées par la révélation, dans un ouvrage paru en 2015, du témoignage inédit d’un des enfants du couple Seznec, âgé de 11 ans au moment des faits. Il a été enregistré en 1978 par l’un de ses neveux.

Les avances d’un certain “Pierre”

En ce jour ensoleillé de mai 1923, “Petit-Guillaume” raconte avoir entendu sa mère repousser les avances d’un certain “Pierre”, puis avoir vu Quémeneur par terre et sa mère debout devant lui. “Je crois qu’elle a dû se défendre et le frapper à la tête”, racontait-t-il, selon le récit qu’en a fait Denis Langlois dans “Pour en finir avec l’affaire Seznec”.

En 2015, Denis Langlois avait demandé au procureur de Brest de faire procéder à des investigations dans l’ancienne maison familiale pour savoir si le corps y était enfoui. L’avocat de la famille Seznec entre 1976 et 1990 a indiqué :

“Si des ossements ou des objets concernant l’affaire Seznec sont découverts (…) nous avertirons la gendarmerie et le procureur (…) Une procédure de révision du procès de Seznec serait alors certainement mise en route”.

Le procureur avait rejeté cette demande, estimant qu’elle ne pouvait émaner que du condamné, de ses descendants ou des autorités judiciaires compétentes. Depuis 1924, quatorze demandes en révision du procès ont été rejetées, la dernière en 2006.

Une des grandes énigmes judiciaires du XXe siècle