Les jeunes migrants victimes de trafics, selon un rapport de l'Unicef

Des jeunes migrants à Calais – AFP

C’est un rapport glaçant que vient de publier l’Unicef, spécialisée dans la protection de l’enfance : l’ONG a enquêté sur les trafics dont sont victimes les enfants sur leur route migratoire. Quand la vulnérabilité ultime ouvre encore la voie aux abus…

Pour rédiger ce rapport diffusé le 11 septembre, l’Unicef et l’OIM (Organisation Internationale pour les Migrations) ont interrogé 11.000 jeunes de 14 à 24 ans sur la route de l’exil. Première constatation : moins les jeunes sont éduqués et plus ils sont isolés, plus ils ont de risques d’être victimes d’abus sur la route qui les éloigne de la guerre ou de la misère.

Violences, abus sexuels ou travail forcé

Souvent, les abus dont ils sont victimes sont le fait des « adultes qui les prennent en charge pendant leur périple comme les passeurs » et qui « peuvent profiter de leur vulnérabilité. Les enfants peuvent alors être victimes d’abus et de violences, être exploités sexuellement ou contraint à des travaux forcés. Les auteurs de ces abus peuvent être les passeurs et trafiquants mais aussi les gardes-frontières, les militaires et policiers », écrivent l’Unicef et l’OIM dans leur rapport.

Un chemin migratoire très dangereux

Autre constatation : ceux qui passent par la route migratoire dite « centrale », en passant par la Libye, sont particulièrement en danger, car dans ce pays « il n’y a pas d’institution, l’Etat est faible et la violence partout », note le rapport. Les jeunes d’Afrique sub-saharienne sont également les plus vulnérables. Ainsi, selon le rapport, un jeune de cette région, isolé, qui passe par la route la plus dangereuse, a 89% de risques de subir une exploitation quelconque. D’Afrique sub-saharienne toujours, mais plus éduqué et surtout en groupe, un jeune migrant a encore 73% de risques de se faire agresser.

Une série de recommandations

 

Pour aider ces enfants et jeunes adultes qui cherchent un avenir meilleur, les deux organisations demandent une légalisation du parcours migratoire, afin de limiter l’appel aux passeurs et autres trafiquants. Elles demandent également un investissement dans la prise en charge éducative de ces jeunes qui pourraient être mieux armés face aux abus. Elles réclament enfin que les familles soient séparées le moins possible, que les enfants ne soient pas emprisonnés en centres de rétention et que la xénophobie et les discriminations soient davantage combattus dans les pays accueillant les migrants.

>>Le site du rapport >>
>> Pour donner à l’Unicef >>

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