Corée du Nord : Donald Trump (re)met de l'huile sur le feu

Reuters

Alors que le ton monte entre entre Washington et Pyongyang, vendredi, Donald Trump a affirmé que  les options militaires avec la Corée du Nord étaient “prêtes à être employées”.

La fièvre ne retombe pas. Loin d’essayer de faire retomber la tension, Donald Trump a redoublé de virulence face à la Corée du Nord qui menace ouvertement le territoire américain de Guam, dans le Pacifique. Vendredi, le président américain a remis de l’huile sur le feu, sur Twitter.


“Les options militaires sont désormais totalement en place, prêtes à être employées, si la Corée du Nord devait agir imprudemment. Espérons que Kim Jong-un choisisse une autre direction!”, a-t-il écrit sur le réseau social.

Une étape de plus dans l’escalade verbale entre les deux pays. Jeudi, le ministre américain de la Défense Jim Mattis a insisté sur le fait que “l’effort américain est porté par la diplomatie”.  Il y a “des résultats diplomatiques et je veux rester sur cette dynamique”, a-t-il déclaré lors d’un déplacement en Californie, où il a mis en garde contre le scénario “catastrophique” d’un conflit armé.

“Il ne va pas s’en tirer comme ça”, dit Trump

Le ton était encore monté jeudi entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, Donald Trump menaçant cette dernière de représailles sans précédent en cas d’attaque sur les Etats-Unis ou leurs alliés.

Pyongyang a annoncé jeudi un projet de tirs de missiles vers l’île de Guam, un territoire américain dans le Pacifique. Trump a visé plus particulièrement le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

 

Le “feu et la fureur”

Loin d’atténuer ses propos après avoir déclaré mardi que la Corée du Nord aurait à faire face “à un feu et à une fureur que le monde n’a encore jamais vus” si elle poursuivait ses menaces contre les Etats-Unis avec ses programmes balistique et nucléaire, Donald Trump a jugé que cette mise en garde n’avait peut-être pas été assez forte.

“Je lis: ‘Nous serons à Guam d’ici le 15 août’. Voyons ce qu’il fait avec Guam. Il fait quelque chose à Guam, ce sera un événement jamais vu jusqu’alors, ce qui arrivera en Corée du Nord”, a dit le président américain à la presse dans le New Jersey, où il rencontrait son équipe de conseillers à la sécurité nationale.

“Ce n’est pas un défi. C’est une déclaration”

“Ce n’est pas un défi. C’est une déclaration”, a poursuivi Donald Trump. “Il ne va pas continuer à menacer Guam. Et il ne va pas menacer les Etats-Unis. Et il ne va pas menacer le Japon. Et il ne va pas menacer la Corée du Sud”.

Prié de dire s’il pourrait envisager une frappe préventive sur la Corée du Nord pour l’empêcher de lancer une attaque nucléaire contre les Etats-Unis, il a répondu: “Nous verrons ce qui se passe.”

Une guerre serait “catastrophique”

“La population de notre pays est en sécurité. Nos alliés sont en sécurité”, a-t-il assuré en outre. Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a dit favoriser une approche diplomatique à la menace nord-coréenne, jugeant qu’une guerre serait “catastrophique”.

Interrogé sur la préparation des Etats-Unis en cas d’acte hostile du régime de Pyongyang, le général surnommé “Mad Dog Mattis” (chien enragé Mattis) outre-atlantique a répondu: “Nous sommes prêts.”

Le ton n’a fait que monter depuis plusieurs jours entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, qui multiplie les essais de missiles parallèlement à sa tentative de mise au point d’un arsenal nucléaire.

Donald Trump : la menace ultime

 

Guam dans le viseur nord-coréen

Le régime communiste de Pyongyang a annoncé jeudi l’élaboration d’ici mi-août d’un plan de “tir simultané” de quatre missiles de portée intermédiaire qui achèveront leur course dans le Pacifique à 30 à 40 km de l’île de Guam après avoir survolé le Japon.

Ce projet sera soumis au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un qui décidera de son exécution, a précisé l’agence de presse officielle KCNA, citant le général Kim Rak Gyom, commandant des forces stratégiques de l’Armée populaire de Corée (APC).

Située à 3.400 km environ au sud-est de Pyongyang, l’île de Guam, dans l’archipel des Mariannes, compte près de 163.000 habitants et abrite une base de la marine américaine dotée d’un escadron de sous-marins ainsi qu’une base aérienne.

Trump “dépourvu de raison” pour Pyongyang

Au-delà de l’annonce de ce projet de tirs de missiles, l’agence KCNA a qualifié de “tas d’inepties” les propos de Donald Trump sur le “feu et la fureur” susceptibles de s’abattre sur la Corée du Nord.

“Un dialogue raisonnable n’est pas possible avec une telle personne dépourvue de raison et seule la force absolue peut fonctionner avec elle”, a écrit KCNA. Si la Corée du Nord menace régulièrement de détruire les Etats-Unis, la quantité de précisions fournies dans le plan dévoilé jeudi est inhabituelle.

Un avertissement plutôt qu’une menace ?

Pour Masao Okonogi, professeur émérite spécialiste de la Corée du Nord à l’université de Keio, au Japon, l’annonce ressemble plus à un avertissement qu’à une menace.

“Je pense que c’est un message pour dire qu’ils prévoient de bouger les tests de missiles de la mer du Japon vers des zones autour de Guam”, plus au sud dans la mer des Philippines, a-t-il dit à Reuters. “En fournissant un préavis, ils envoient également le message tacite que ce qu’ils vont faire n’est pas une véritable attaque.”

Techniquement, les Etats-Unis sont toujours en état de guerre avec la Corée du Nord, le conflit de 1950-1953 qui a abouti à la division de la péninsule s’étant terminé par un simple armistice, et non un traité de paix.

Neutralité de la Chine

En cas d’attaque de la Corée du Nord menaçant les Etats-Unis, la Chine devra rester neutre, mais si Washington attaque en premier la péninsule afin de destituer le régime nord-coréen, la Chine s’interposera, ont déclaré vendredi les médias chinois.

Donald Trump avait jugé jeudi que la Chine pouvait faire davantage pour calmer la situation en intervenant auprès de la Corée du Nord, dont elle est le seul allié de taille sur la scène internationale.

“Je pense que la Chine peut faire beaucoup plus, oui (…) Et je pense que la Chine va faire beaucoup plus”, a-t-il dit. Il a laissé entendre en outre que son ambition de réduire le déficit commercial des Etats-Unis avec la Chine pourrait être modérée en cas d’aide de Pékin sur le dossier nord-coréen.

“Ca ne va pas continuer comme ça”, a-t-il dit des relations commerciales sino-américaines, jugées défavorables aux Etats-Unis. “Mais si la Chine nous aide, mes sentiments à l’égard du commerce seront bien différents”, a-t-il immédiatement ajouté.

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