L'Europe à la conquête de l'espace

S’il y a un secteur dans lequel l’Europe a des atouts, c’est bien l’espace ! Mais l’industrie spatiale est aussi un secteur très concurrentiel. Que ce soit à des fins civiles ou militaires, observer la terre et explorer l’espace sont deux impératifs. Mais l’espace fascine-t-il toujours autant le grand public ?

Le chiffre d’affaire mondial du secteur spatial avoisine les 210 milliards d’euros.  En Europe, c’est un secteur de pointe où les industriels des différents pays arrivent à collaborer pour faire face à la concurrence américaine ou chinoise. 

La filière spatiale européenne

Si on parle chiffres, c’est à peu près 13 milliards d’euros de chiffre d’affaire, 45 000 emplois directs et 250 000 indirects, explique Franck Proust, député européen (LR), vice-président de l’intergroupe “ciel et espace”. On voit que la filière spatiale est une filière qui pèse. Mais, la marge de progression est encore forte dans la mesure où il y a des consortiums (on voit l’association entre Airbus, Thales, et Arianespace, par exemple). Mais, quand je compare avec d’autres puissances, comme la Chine, les Etats-Unis ou la Russie, la commande publique, par exemple, représente une part importante dans le chiffre d’affaire.

Or, l’Europe, avec cet esprit de concurrence ouverte, ne commande, quand on regarde la répartition du chiffre d’affaire, du 30-70. C’est un plus d’avoir 70% de marché dans le privé parce que ça force à être au goût du jour, à être compétitif. Mais ça peut représenter, à terme, un handicap.” 

La politique spatiale européenne

Actuellement, 5 satellites, à 800 kilomètres au-dessus de nos têtes, photographient la terre en permanence. C’est Copernicus, le programme européen d’observation de la Terre. Le but, recueillir par exemple, des données sur les séismes, les marées noires ou les courants marins… “Copernicus, c’est aussi l’optimisation de la rentabilité dans le secteur agricole, explique Franck Proust. C’est la surveillance de la Terre, la surveillance des aléas climatiques. On voit très bien qu’aujourd’hui, le monde entier veut utiliser Copernicus de part la précision et la qualité des images qui sont fournies. Et puis, récemment, l’application e-call qui va être obligatoire dans toutes les voitures qui vont être vendues dorénavant et qui va permettre lorsque vous avez une panne, ou un accident d’appuyer sur un bouton et d’avoir, de suite, un contact direct pour sauver des vies. On voit des applications concrètes au quotidien. Là c’est dans le secteur automobile, mais c’est vrai dans le secteur agricole, le secteur des prévisions climatiques, la surveillance également de nos côtes. C’est aussi un outil qu’on pourrait mettre à disposition de Frontex…” 

Galileo, un système de navigation performant

Autre programme emblématique dans la politique spatiale européenne : Galileo. On le dit plus précis que le GPS américain. Galileo, c’est le système de navigation par satellite développé par l’Union européenne. A terme, le réseau comptera une trentaine de satellites. “J’aimerais que l’on arrête de parler du GPS, martèle Franck Proust. J’aimerais que dans l’ensemble des voitures que nous produisons en Europe, il y ait une adéquation avec Galileo. C’est à dire que quand vous allumez votre véhicule, il y ait Galileo qui s’affiche et non pas GPS. Parce que l’avantage de Galileo, pour vous donner un exemple imagé, avec Galileo, on est dans une localisation à plus ou moins 1 mètre. C’est dire la précision que Galileo peut donner, et aujourd’hui, il n’y a pas photo entre les deux systèmes.”  

La conquête spatiale au quotidien 

L’an prochain, on fêtera le cinquantenaire de la mission Apollo11… Le 21 juillet 1969, Neil Armstrong devenait le premier homme à marcher sur la Lune. “Je crois qu’il y aura des choix à faire, confie le député européen, vice-président de l’intergroupe “Ciel et espace”. Quand Thomas Pesquet est venu au parlement européen, il a parlé de la conquête vers Mars. Mais, derrière la conquête spatiale, il y a toujours un intérêt. Je vois dans ma région, l’université de Montpellier, avec l’IUT de Nîmes, qui fait des nano-technologies, sur des micro-satellites… il y a des applications en terme de technologies, de formations. Mais pour moi, aujourd’hui, vous savez quand on est sur des contraintes budgétaires très fortes, souvent les contraintes impliquent des choix, et je pense que la plus-value du savoir-faire européen et sur l’application quotidienne, on le voit, du téléphone à Galileo, en passant par Copernicus, je pense qu’aujourd’hui la véritable plus-value européenne, elle est là. Ceci étant, ce n’est pas pour autant qu’il faut abandonner la conquête spatiale qui fait rêver, qui a aussi des retombées et des applications scientifiques. Mais pour moi, la véritable plus-value, elle est plus sur l’application concrète pour nous au quotidien que sur une conquête spatiale qui est importante mais qui, à mon avis, n’est pas au même niveau que l’application au quotidien pour nous européens.”

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