Levothyrox : l'ancienne formule devrait disparaître après 2018


Le laboratoire Merck annonce ne pas vouloir continuer à importer l’ancienne formule “éternellement”.

Merck droit dans ses bottes. Engagé dans un bras de fer judiciaires avec certains patients consommateurs de son médicament, le Lévothyrox, le laboratoire allemand annonce ce vendredi matin que l’ancienne formule ne devrait plus être fournie au-delà de 2018.

“Nous n’allons pas éternellement réimporter”

“Nous n’allons pas éternellement réimporter” en France, a déclaré Thierry Hulot, le patron des activités biopharmaceutiques de Merck Serono en France, précisant qu’une nouvelle importation devait permettre aux pharmacies de tenir jusqu’au mois de mars pour le moment. Selon lui, ce laps de temps doit permettre de laisser le temps à d’autres laboratoires de proposer d’autres traitements, basés sur le même principe actif.

Un retour dans les pharmacies début octobre

Face à la colère des patients se plaignant d’effets secondaires graves, l’ancienne formule du médicament a fait son retour dans les pharmacies françaises le 2 octobre, mais en quantités limitées. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a également indiqué que les malades disposeraient de cinq médicaments offrant une alternative au Levothyrox à partir de mi-novembre.

9.000 personnes concernées par des effets secondaires indésirables

Au total, trois millions de patients prennent ce médicament en France (premier marché mondial) pour soigner l’hypothyroïdie ou après une opération de cancer de la thyroïde.

Selon la ministre de la Santé, plus de 9.000 personnes ont signalé à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANS) des effets indésirables. En parallèle, une pétition en ligne “contre le nouveau Levothyrox” a recueilli plus de 300.000 signatures.

Une enquête a été ouverte mi-septembre pour traiter les nombreuses plaintes déposées contre Merck mais aussi contre le ministère de la Santé.

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Un problème de dosage ?

Du côté du ministère de la Santé, on a invoqué des problèmes de dosage pour expliquer ces effets secondaires massifs : “Il n’y a pas de fraude, il n’y a pas de complot, il n’y a pas d’erreur, il y a eu un problème d’information des malades, les patients ont été surpris par une formulation qui avait changé et qui pour certains donnait des effets secondaires”, a déclaré Agnès Buzyn. “Beaucoup de ses effets secondaires sont liés à des difficultés à redoser correctement le Levothyrox mais ils s’estompent quand on arrive à bien doser le traitement”, a expliqué la ministre.

Le ministère de la Santé a mis en place un numéro vert pour répondre aux patients : 0.800.97.16.53.

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