Levothyrox : une plainte contre deux ministres pour non-assistance à personne en danger

AFP PHOTO / DAMIEN MEYER

Une plainte visant notamment la ministre de la Santé et le ministre de l’Économie a été déposée vendredi au tribunal de Grasse pour non-assistance à personne en danger dans l’affaire du Levothyrox.

La plainte révélée dans Nice-Matin ce dimanche et que l’AFP a pu consulter, la plaignante, Mme Anne-Catherine Colin-Chauley, se base sur les articles du Code pénal concernant “l’abstention volontaire de porter assistance à une personne en péril”.
Elle vise nommément ces deux ministres mais aussi le laboratoire Merck fabricant de ce médicament, contre qui elle a déjà déposé plainte pour un autre motif, et l’Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM). Elle vise également, cette fois contre X, les médecins et pharmaciens “ayant refusé de prendre en considération les symptômes indésirables de leurs patients”, les journalistes et les médias qu’elle accuse d’avoir “orienté les informations” et enfin les députés, sénateurs et maires qui n’auraient pas “honoré leur devoir d’intérêt général”.

La plaignante, elle-même sous Levothyrox et avocate au barreau d’Ajaccio, reproche à la ministre de la Santé Agnès Buzyn de n’avoir “pas su gérer la crise sanitaire” et au ministre de l’Economie Bruno Le Maire de ne pas “avoir essayé de transacter avec le laboratoire Merck”.

Cette avocate domiciliée dans le Alpes-Maritimes a créé un collectif “Alerte Thyroïde” auquel, selon elle, 600 personnes auraient déjà adhéré. Elle avait aussi été la première à déposer plainte fin août, à titre personnel, contre Merck pour mise en danger de la vie d’autrui après avoir constaté des effets indésirables dus à la nouvelle formule.
Elle a déposé fin octobre 100 plaintes de particuliers se joignant à son action. Elle doit en déposer jeudi 200 autres, selon elle, toujours pour mise en danger de la vie d’autrui. Toutes ces plaintes sont enregistrées à Grasse puis transmises au tribunal de grande instance de Marseille qui a ouvert une enquête préliminaire et centralise les demandes des patients.

L’ancienne formule de retour

Face à la colère des patients, l’ancienne formule du médicament a fait son retour dans les pharmacies françaises le 2 octobre, mais en quantités limitées. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a également indiqué que les malades disposeraient de cinq médicaments offrant une alternative au Levothyrox à partir de mi-novembre.
Au total, trois millions de patients prennent ce médicament en France (premier marché mondial) pour soigner l’hypothyroïdie ou après une opération de cancer de la thyroïde.
Selon la ministre de la Santé, plus de 9.000 personnes ont signalé à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANS) des effets indésirables.

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