Loi sur l'immigration : les associations inquiètes reçues à Matignon

Edouard Philippe va recevoir les associations – Reuters

Plusieurs associations sont reçues cet après-midi par Édouard Philippe alors qu’elles ont entamé un bras de fer juridique avec le gouvernement.

Des représentants de 26 associations actives dans l’hébergement et l’aide aux étrangers (dont la Fédération des acteurs de la solidarité, Emmaüs, le Secours catholique, Médecins sans frontières, la Fondation Abbé Pierre…) vont être reçues par Édouard Philippe ce jeudi après-midi. Objectif du Premier ministre : apaiser les tensions avec ces associations très inquiètes et prêtes au bars-de-fer sur le projet de loi sur l’immigration en préparation.

Une circulaire très controversée

Les associations ont notamment annoncé vouloir saisi le Conseil d’Etat sur une circulaire très controversée autorisant le recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence. Selon le ministère de l’Intérieur, il s’agit de connaître les publics hébergés et de les orienter en fonction de leur situation (réfugiés, déboutés…).

Un “tri” des migrants

Mais les associations dénoncent au contraire des “contrôles” qui vireraient au “tri” des migrants. Le collectif d’associations demande ainsi la suspension de cette mesure. Mercredi, il a reçu le soutien de la Conférence des évêques de France (CEF) : “Ce sont les seuls lieux où ces gens peuvent avoir une protection. (…) Si les agents de l’Etat viennent non pas pour apporter des informations mais pour faire de la sélection”, les migrants “ne viendront plus” et “se retrouveront dans la rue”, a alerté le père Carlos Caetano.

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Lors de la réunion à Matignon, les associations devraient contester d’autres points du projet de loi, notamment le doublement de la durée maximale de rétention à 90 jours, un alignement sur la moyenne européenne.

Sur le fond, le texte propose à la fois plus de fermeté et un meilleur accueil pour les migrants, en prévoyant :

  • Une réduction des délais de traitement des demandes d’asile à six mois
  • Une extension de la réunification familiale pour les mineurs
  • Une augmentation de 16 à 24 heures de la retenue pour vérification du droit au séjour
  • Un durcissement de l’assignation à résidence
  • Une réduction des délais de recours pour les déboutés de l’asile

C’est une “vision technocratique et inhumaine des migrants”, a commenté à l’AFP Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l’Homme.

Signe de la tension qui entoure ce projet de loi, mercredi soir, une nouvelle réunion s’est tenue autour du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur.

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