L’Olympia annule le concert d'un artiste congolais pour cause de menaces


Alors que l’artiste congolais Héritier Watanabe devait se produire sur la scène de l’Olympia samedi 15 juillet, le spectacle a été annulé après des menaces proférées par des opposants au régime du président Kabila.

 

L’artiste congolais Héritier Watanabe ne se produira finalement pas sur la scène de l’Olympia, samedi soir. La préfecture de police de Paris a en effet interdit le spectacle. Dans un communiqué, elle explique cette décision. “Les opposants au régime congolais, mobilisés pour empêcher la tenue d’un concert d’Héritier Watanabe, et tenus à distance de la salle de l’Olympia, se sont livrés, un peu avant 17h00, à des débordements en particulier vers la place de l’Opéra”, peut-on lire dans le communiqué. Des poubelles auraient ainsi été incendiées et trois personnes interpellées. “Les investigations se poursuivront pour identifier les auteurs de violences”, a ajouté la préfecture.


“Risques de troubles à l’ordre public”

Dans un premier temps, décision avait été prise d’interdire simplement toute manifestation dans un large périmètre autour de la salle de concert. Toujours en raison de “risques de troubles à l’ordre public” liés, rappelle l’AFP, à la volonté de certains opposants au régime du président Kabila d’empêcher le concert de cet artiste. Héritier Watanabe est en effet considéré, par certains, comme proche du pouvoir en place. Consciente des menaces, la direction de l’Olympia a préféré demander l’annulation pure et simple du concert tout en déposant une plainte “en urgence” face aux menaces “proférées dans un contexte politique complexe en RDC”, explique Céline Astolfe, une des avocates de la salle.

Une présidence contestée

Peu après 18h, environ 200 manifestants étaient réunis près de la place de l’Opéra pour se réjouir de l’interdiction du concert. Le 22 juin dernier, un spectacle de l’artiste Fally Ipupa avait été lui aussi annulé, à la Cigale cette fois, pour des raisons similaires. Joseph Kabila est au pouvoir en RDC depuis 16 ans. Son mandat, arrivé à son terme le 20 décembre dernier, a été prolongé en vertu d’une décision controversée de la Cour constitutionnelle, entrainant la colère de ses opposants. Dans les faits, la Constitution du pays ne lui permettait pas de se présenter à sa succession.

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