Marseille : en prison depuis trois ans, il reçoit les PV de sa voiture saisie par la gendarmerie

Illustration AFP

Un habitant de Gardanne (Bouches-du-Rhône), emprisonné pour “association de malfaiteurs”, a vu son véhicule saisi par la gendarmerie en 2015, mais continue de recevoir depuis des amendes pour excès de vitesse.

Cela vous est peut-être déjà arrivé ! Recevoir des contraventions pour des infractions que vous n’avez pas commises. Vous n’étiez pas au volant mais votre nom figure sur la carte grise… Depuis 2015, un habitant de Gardanne dans les Bouches-du-Rhône en fait les frais et croule littéralement sous les amendes pour des délits routiers dont il est innocent. Car le propriétaire de la voiture a un bon alibi.

En effet, Malik Kessaci est en prison depuis juin 2015. Date à laquelle son véhicule, une Citroën DS4, a été réquisitionné par les forces de l’ordre. Interpellé pour “association de malfaiteurs en vue de préparer un crime”, le “bolide” de Malik Kessaci est alors saisi et affecté comme voiture banalisée à la section de recherche de la gendarmerie de Marseille. La Citroën DS4 défie depuis les radars du sud de la France.

En tout, la voiture a été flashée une dizaine de fois que ce soit à Perpignan ou à Fréjus. Une situation que n’a pas manqué de signaler par courrier Me Jean-Louis Keïta, l’avocat du détenu dès février 2017, comme le rappelle La Provence.

“Madame la juge. Quelle heureuse surprise à la réception de cette contravention. Un instant, j’ai cru que vous aviez remis en liberté Malik Kessaci sans m’en avertir. Je ne vous en aurais pas voulu…”

De nombreuses initiatives similaires adressées depuis à la gendarmerie n’ont pour l’heure obtenu aucun résultat. La mère du détenu continue de recevoir des contraventions au nom de son fils. “J’en ai encore reçu deux la semaine dernière”, témoigne Patricia Kessaci à franceinfo. Son fils est domicilié chez elle et elle refuse de payer la note.

“Comme je ne payais pas, ils nous ont prélevé à la source 1 093 euros (…) Ces PV, c’est à eux de les payer, j’aimerais bien qu’ils rendent les sous qu’ils ont pris à tort.”

Pas sûr pourtant que la situation se résolve rapidement. L’Etat semble faire la sourde oreille. Contactée par franceinfo, la gendarmerie rappelle que les voitures saisies peuvent être utilisées “en cours de procédure” et que visiblement, ce véhicule fait partie d’une procédure qui n’est pas encore clôturée”.

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