Mort de Naomi Musenga : ses parents demandent "que justice soit faite"

Naomi Musenga

La famille de Naomi Musenga a tenu une conférence de presse ce jeudi. La jeune femme de 22 ans est morte en décembre dernier après que son appel au Samu de Strasbourg a été négligé par une opératrice.

Les parents de Naomi ont pris la parole pour la première fois ce jeudi depuis que l’enregistrement de la conversation entre la jeune femme et une opératrice du Samu a été diffusée.

Ils demandent “que justice soit faite” et que toutes les personnes concernées dans cette affaire soient nommées et s’expliquent.

“On s’est moqué de nous comme on s’est moqué de ma fille”, déplore le père de Naomi

Par ailleurs, ils ne savent toujours pas de quoi est morte leur fille demandent aux autorités pourquoi l’autopsie n’a pas été faite à temps “Pourquoi on a laissé le corps de ma fille en putréfaction ?”, s’interroge la mère de Naomi. “On devait appeler toutes les semaines, on a attendu presque deux mois pour l’autopsie” a déclaré Louange Musenga, la sœur de Naomi.

Louange Musenga, la soeur de Naomi a pensé à demander au Samu s’il existait un enregistrement de la conversation avec l’opératrice. Le père de Naomi dit avoir reçu l’enregistrement de la conversation avec le Samu accompagné d’un message avertissant la famille que celui-ci pouvait être “choquant”.

Le Samu accusé de mauvaise prise en charge

Naomi Musenga est décédée le 29 décembre 2017 après que son appel au Samu a été ignoré par une opératrice du service de secours. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Strasbourg. “J’ai ouvert une enquête préliminaire du chef de non-assistance à personne en péril et en ai confié l’exécution aux services de la Direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) Grand Est”, a indiqué le procureur de la République, Yolande Renzi, dans un communiqué.

La personne qui a pris cet appel, une assistante de régulation médicale a été suspendue administrativement ce mercredi “à titre conservatoire” par la direction des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg.

“Dans le cadre du développement de l’enquête, il y a des éléments suffisamment concluants pour la suspendre, c’est la décision qui a été prise par le directeur général”, Christophe Gautier, mercredi en début d’après-midi, a indiqué à l’AFP la directrice de la communication de l’hôpital, précisant que “cela ne préjuge(ait) pas des conclusions de l’enquête” administrative ouverte sur les conditions de prise en charge de Naomi Musenga, décédée le 29 décembre à 22 ans.

Le 29 décembre dernier, prise de violentes douleurs Naomi appelle le Samu pour demander de l’aide. Mais face à la détresse de la jeune femme, l’opératrice téléphonique la redirige vers SOS Médecins sans aider la jeune femme.

La jeune maman d’un enfant de 18 mois, décède quelques heures plus tard à l’hôpital.

L’enregistrement de la conversation téléphonique a été rendu public le 27 avril dernier à la demande de la famille de la victime.

La ministre de la santé Agnes Buzyn s’est déclaré profondément indignée et a demandé une enquête de l’inspection générale des affaires sociales.