Mort du réalisateur George A. Romero, père du film de zombies


Le réalisateur George A. Romero, inventeur du film de zombies moderne, est décédé d’un cancer des poumons, dimanche 16 juillet, à l’âge de 77 ans.

“Je suis comme mes zombies. Je ne resterai pas mort”, promettait-il. Le réalisateur George A. Romero est décédé dimanche 16 juillet à l’âge de 77 ans, emporté par un cancer des poumons. Son nom restera à tout jamais indissociable du cinéma de genre, qu’il a révolutionné en 1968 avec son film d’horreur “Night of the Living Dead” (“La Nuit des Morts-Vivants”).

L’oeuvre, réalisée en noir et blanc et avec les moyens du bord, met en scène des défunts revenus à la vie pour dévorer les vivants. Un concept fort qui traversera les époques : le succès est fulgurant et installe durablement les zombies dans le paysage audiovisuel. Développé avec un budget de 110.000 dollars seulement (moins de 100.000 euros), le long-métrage rapportera plus de 30 millions de dollars dans le monde entier (soit 26 millions d’euros).

Satire et hémoglobine

Cinq suites et remakes verront le jour après cette première mouture, dont l’incontournable “Dawn of the Dead” (distribué en France sous le titre “Zombie”), carton du box-office 1978 et référence absolue du genre. Et si George A. Romero n’est pas à proprement parler l’inventeur du film de zombies (la paternité revient à “White Zombie” de Victor Halperin en 1932), c’est à lui que le genre doit toutes ses caractéristiques modernes : la fameuse morsure contaminante, la démarche raide et surtout son goût pour la chair humaine… Des traits que l’on retrouve encore aujourd’hui dans les films et séries traitant de ce thème, comme la (très) populaire “The Walking Dead”… que le maître détestait, par ailleurs.

“A cause de World War Z ou The Walking Dead, je ne peux plus proposer un film de zombie au budget modeste dont l’essence est sociopolitique, confiait-il en 2016. Je pouvais le leur pitcher sur la base d’un film d’action qui cachait un message plus profond (…) Maintenant, dès que le mot zombie est prononcé, il faut qu’on me rétorque que Brad Pitt a fait ça avec 400 millions de dollars, lui”.

Car au-delà de l’horreur brute, ses films ont su se faire remarquer pour leur satire sociale sous-jacente et notamment leur critique acerbe du consumérisme américain. “Ce ne sont pas des monstres fantastiques (…). Ce sont nos voisins, nos proches, nos amis. D’une certaine manière, ils sont en cela plus effrayants”, expliquait-il notamment.

Pluie d’hommages

Né à New York, dans le Bronx, le réalisateur a très vite été attiré par les histoires de monstres. Grand bien lui en a pris : George A. Romero et son œuvre ont influencé toute une génération de cinéastes, de Quentin Tarantino et Guillermo del Toro en passant par Wes Craven et Robert Rodriguez. Et preuve de la popularité du génie, de nombreux internautes – personnalités comme anonymes – ont tenu à lui rendre hommage :

“Désolé d’apprendre que mon collaborateur favori et mon vieil ami George Romero soit mort. George, il n’y en aura pas un autre comme toi”, écrit ainsi, sur Facebook, un autre monstre sacré du genre, Stephen King.


Le réalisateur Edgar Wright – qui s’est lui aussi frotté au monde des cannibales d’outre-tombe avec “Shawn of the Dead” – explique sur Twitter “devoir sa carrière à George A. Romero”.


Même son de cloche de la part d’Eli Roth (“Hostel”, “Green Inferno”), réalisateur bien connu des amateurs de gore, qui explique : “Difficile de résumer combien il a pu m’inspirer et ce qu’il a fait pour le cinéma. Mes condoléances à la famille”. Juste avant son décès, George A. Romero travaillait sur un nouveau chapitre de sa saga, intitulé “Road of the Dead”. Un dernier cauchemar pour la route.

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