Quartiers défavorisés : le plan de bataille de Macron pour l’éducation, la sécurité et l’emploi

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Emmanuel Macron a dévoilé ce mardi en début d’après-midi une batterie de mesures à destination des quartiers défavorisés. Parmi les annonces, 1.300 agents dans les quartiers les plus difficiles, 30.000 stages pour les élèves de 3ème, ou encore un plan de lutte contre le trafic de drogue.

Emmanuel Macron a prévenu : il n’y aura pas ” un plan ville, un plan banlieues”. Cette méthode de plans dédiés “a apporté des choses” mais “on est au bout” de ce que cela a pu produire, et “aujourd’hui poursuivre dans cette logique est poursuivre dans l’assignation à résidence, la politique spécialisée” et “je n’y crois pas”, a-t-il martelé.

Comme d’habitude, il se présente comme celui qui incarne un changement de “méthode”. Une méthode qui passe par une série de mesures à mener dans les quartiers prioritaires.

Plan de bataille pour l’éducation

Dans le volet éducation de ces mesures, Emmanuel Macron a expliqué :

“Dès la maternelle, l’inégalité s’est construite”

Le chef de l’Etat a donc proposé :

  • Un plan spécifique pour renforcer l’encadrement dans les maternelles et le nombre de places dans les crèches.
  • 30.000 stages pour les élèves de 3ème, 15.000 proposés par l’Etat, 15 000 proposés par les entreprises.

Les grandes entreprises doivent prendre leur part dans les quartiers

Dans le même état d’esprit, le président de la République veut favoriser l’insertion sociale et professionnelle des jeunes. Il a donc annoncé :

  • vouloir “développer et renforcer les Centres de Formation des Apprentis” dans les quartiers difficiles.
  • La réunion en juillet de l’ensemble des grandes entreprises françaises, pour qu’elles prennent “leur part” dans la lutte contre le chômage.

Un jeune sur trois dans les quartiers défavorisés est en effet sans emploi.

Apaiser les tensions racistes

Dans son discours sur l’action à mener dans les quartiers prioritaires, Emmanuel Macron a aussi déploré une augmentation des discours racistes et antisémites, et appelé à la “lutte” contre ce phénomène.

“Il faut regarder les choses en face: c’est en train d’empirer”, a assuré le chef de l’Etat, assurant que les pouvoirs publics allaient “faire appliquer la loi sur les discours racistes”, tout en appelant à éviter la “stigmatisation”.

Lutter contre la radicalisation

Pour faire appliquer la loi en général et renforcer la sécurité, le président de la République a également annoncé :

  • le déploiement de 1.300 agents dans les 60 quartiers les plus difficiles d’ici 2020.
  • Un plan de lutte contre le trafic de drogue dans les cités d’ici juillet.
  • Un protocole de collaboration Etat-communes.

Sur ce dernier point concrètement, cela veut dire qu’il souhaite que les préfets “échangent” avec les maires sur la présence dans leurs communes des personnes fichées S, dans le cadre de la lutte contre la radicalisation.

“Beaucoup de maires disent ‘j’ai de l’insécurité chez moi, j’ai des fichés S, je ne le sais pas, je voudrais le savoir'”, a expliqué Macron. Il a cependant rappelé qu’un fiché S “n’est pas un terroriste ou en passe de l’être”. Et d’ajouter que ce fichier est “un instrument de renseignement pour les services”.

“D’ici au mois de juillet le ministre de l’Intérieur fera des propositions concrètes pour qu’on puisse s’engager à l’égard des maires en la matière”, a-t-il indiqué.

Rénovation urbaine

Le chef de l’Etat a aussi annoncé le lancement de diverses initiatives d’ici juillet, notamment sur la rénovation urbaine.

  • Une opération “cœur de quartiers” sera lancée sur des “premières cibles”. Objectif  : “les faire sortir en six mois” de leur situation dégradée.
  • “Une dizaine d’opérations d’intérêt national qui permette d’accélérer le travail de requalification” des copropriétés dégradées sera défini d’ici juillet.

“Arrêtons d’opposer les territoires entre eux”

a-t-il martelé, appelant à une “société de la mobilisation”.