Raffineries et dépôts bloqués : les agriculteurs mobilisés, Stéphane Travert cherche une issue

La bioraffinerie de La Mède de Total, bloquée le dimanche 10/06/18 (Chateauneuf-les-Martigues) – AFP

Les agriculteurs manifestent ce lundi en bloquant des raffineries et des dépôts de carburant.

Les agriculteurs bloquent quelque 13 raffineries et dépôts de carburant depuis dimanche soir. Motif : dénoncer des “incohérences” du gouvernement et notamment celles qui leur imposent des contraintes qui ne concernent pas les produits agricoles importés en France :

“La France importe un certain nombre de produits qui ne respectent pas les règles qu’on impose aux agriculteurs français. Ça concerne aussi bien la viande du Mercosur, le vin espagnol que l’huile de palme”, dénonce Damien Greffon, président de la FRSEA (Fédération Régionale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) d’Ile-de-France.

Total en ligne de mire

Dans leur ligne de mire en particulier : la bioraffinerie Total de la Mède, qui doit débuter ses activités cet été. Pour la faire fonctionner, Total a prévu d’importer quelque 300.000 tonnes huile de palme par an, moins chère que l’huile de colza et de tournesol que peuvent fournir les agriculteurs français. Or, l’huile de palme est très controversée pour son impact écologique, avec la déforestation massive en Asie du Sud-Est.

Les agriculteurs en colère


Huile de palme contre huile de colza

“C’est la goutte d’huile de palme qui fait déborder la coupe des problèmes des paysans”, résume Pierre Lebaillif, président des Jeunes Agriculteurs de Normandie, interrogé par l’AFP. “Pour l’exploitation qui produit du colza, ça peut être à l’avenir des quantités à produire en moins ou des prix qui baissent”.

Pas de pénurie, assure Stéphane Travert

Mais sur ce point, Stéphane Travert a déjà répondu ce lundi matin sur RTL que le gouvernement ne reviendrait pas sur l’autorisation donnée à Total pour cette importation massive d’huile de palme.

Les arguments de Total développés dans une lettre ouverte aux députes REM.

Le ministre de l’Agriculture a toutefois entrouvert la porte des négociations en proposant une rencontre aux agriculteurs mardi matin. L’occasion d’examiner les autres points de revendication des agriculteurs :

  • la réintroduction dans la loi Alimentation, examinée à partir du 26 juin au Sénat, d’un amendement sur l’interdiction d’importer toute denrée produite en utilisant des substances phytosanitaires interdites dans l’Union européenne
  • l’ allègement du coût du travail salarié de saisonniers “qui est 27% plus élevé qu’en Allemagne et 37% plus qu’en Italie”

Une pénurie de carburant n’est pas à craindre dans l’immédiat, la France comptant au total sept raffineries en activité ainsi que 200 dépôts de carburant.