Réforme de la SNCF : Elizabeth Borne veut ouvrir les TER à la concurrence dès 2019 pour les régions qui le souhaitent

Le projet du gouvernement de réforme de la SNCF, qui ne plaît pas aux cheminots, a été présenté en conseil des ministres mercredi matin. Face à la fronde, l’exécutif se réserve le droit d’avoir recours aux ordonnances.

Les prochaines semaines s’annoncent tendues entre les cheminots et le gouvernement. La réforme de la SNCF, présentée mercredi matin en conseil des ministres par la ministre des Transports, Elizabeth Borne, ne plaît pas du tout aux principaux intéressés.

Le projet vise à “modifier les missions, l’organisation, la gouvernance et la forme juridique” de la SNCF sans toutefois remettre en question son “caractère public”, selon le projet de loi qui comprend huit articles, énumérant sur quatre pages les points à réformer.

Dans le détail, le projet vise à “modifier le cadre de la négociation sociale d’entreprise, ainsi que les conditions de recrutement et de gestion des emplois des salariés du groupe public ferroviaire”.

“L’arrêt des recrutements au statut (de cheminot) des nouveaux agents”, est directement évoqué, sans doute le point le plus sensible de la réforme. Le texte prévoit aussi la transposition dans la loi française du “quatrième paquet ferroviaire”, l’ensemble de textes européens régissant l’arrivée de la concurrence.

La possibilité d’une grève

Autant de réformes qui ne plaisent pas, et suscitent la fronde des cheminots et d’une partie de l’opposition. Pour mettre en place sa réforme, le gouvernement se laisse la possibilité de légiférer par ordonnance. De quoi mettre le feu aux poudres.

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a présenté un contre-projet à Edouard Philippe. “Nous avons présenté un projet mais le gouvernement refuse de discuter”, a-t-il expliqué, après son entretien.

Le syndicat SUD Rail souhaite “une grève reconductible et dure face à un gouvernement dur et inflexible”, a déclaré mercredi à l’AFP son porte-parole Erik Meyer.

Le projet du gouvernement doit être débattu à la mi-avril au Parlement. D’ores et déjà, les cheminots appellent à descendre dans la rue jeudi 22 mars. Ils doivent trancher, jeudi 15 mars, sur la possibilité d’une grève. La CGT s’est dite prête à un mouvement d’un mois.

Retour sur les principales grèves dans l’histoire de la SNCF :