Rejugé pour "provocation à la haine" : Robert Ménard relaxé en appel

AFP PHOTO / JOEL SAGET

Le maire de Béziers était poursuivi en appel pour incitation à la haine devant la 17e chambre du Tribunal Correctionnel de Paris.

Condamné en première instance par le tribunal correctionnel de Paris pour “incitation à la haine raciale”, pour avoir affirmé en septembre 2016 qu’il y avait trop d’enfants musulmans dans les écoles de sa ville, le maire de Béziers, Robert Ménard a été relaxé en début d’après-midi par la Cour d’appel de Paris.

La cour a infirmé un jugement du tribunal correctionnel de Paris qui, le 25 avril 2017, avait condamné  Robert Ménard à 2.000 euros d’amende pour “provocation à la haine et la discrimination”.

Des propos incriminés qui contiennent “une exhortation éventuellement implicite”

Les juges d’appel ont justifié ce revirement par un changement de la jurisprudence de la Cour de cassation, qui exige désormais que les propos incriminés contiennent “une exhortation éventuellement implicite” à la haine ou à la discrimination pour que le délit de “provocation” soit constitué, ce qui n’est ici, selon eux, pas le cas.

L’élu était poursuivi pour avoir publié sur Twitter le 1er septembre 2016 le message suivant :


“91% d’enfants musulmans. Évidemment que c’est un problème”

Il était également jugé pour avoir déclaré sur LCI le 5 septembre: “Dans une classe de centre-ville de chez moi, 91% d’enfants musulmans. Évidemment que c’est un problème”.

Le 24 novembre 2016, le maire de Béziers, Robert Ménard a fait l’objet d’une demande de renvoi du parquet devant le tribunal correctionnel de Paris. Ce dernier avait été saisi par la ligue contre le racisme et l’antisémitisme et le mouvement contre le racisme et pour l’amitié des peuples pour des faits d’incitation à la haine.

“Je suis tellement heureux !”, a réagi Robert Ménard, interrogé par l’AFP. “Je ne supporte pas l’idée que l’on puisse penser que je suis raciste ou que l’on pense que je veuille m’en prendre à des enfants en fonction de leurs origines”.

“Je dis juste ce qui est et ce que tout le monde voit. Ce deuxième procès est la défaite de ces associations qui ont dit des ignominies sur mon compte”, a-t-il estimé.

Élu en 2014 à la tête de Béziers, ville héraultaise de 70 000 habitants, avec le soutien du Front national et à la faveur d’une triangulaire, l’ancien président de Reporters sans frontières est coutumier des polémiques, notamment sur l’immigration, la guerre d’Algérie ou la sécurité.