Remise en liberté de l'assaillant de Marseille : le préfet du Rhône remplacé

AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS

Les premières mesures après les “graves dysfonctionnements” qui ont conduit à la remise en liberté d’Ahmed Hanachi, 29 ans. L’homme a tué deux cousines à la gare Saint-Charles de Marseille, avant d’être abattu par la police, le 1er octobre.

Le préfet du Rhône, Henri-Michel Comet, va être remplacé, et “une équipe réfectorale profondément renouvelée sera nommée en Conseil des ministres” annonce Gérard Collomb. Le secrétaire général de la préfecture du Rhône sera lui aussi remplacé.

Le rapport, demandé à l’Inspection générale de l’administration (IGA) par le ministre de l’Intérieur est sévère. Il met en exergue “des dysfonctionnements graves du dispositif d’éloignement” des étrangers en situation irrégulière à la préfecture du Rhône.

Interpellé deux jours avant les meurtres pour vol dans un centre commercial de Lyon, Hanachi avait été remis en liberté le lendemain, alors qu’il était en situation irrégulière.
L’enquête administrative ne pointe pas de fautes individuelles dans la gestion du cas d’Ahmed Hanachi et lève les ambiguïtés sur le nombre de places disponibles au Centre de rétention administrative (CRA) de Lyon-Saint-Exupéry le 30 septembre. Mais il relève des “erreurs de jugement” , des dysfonctionnements, qui ne sont pas limités à la “seule journée du 30 septembre 2017”.

Selon son entourage, le préfet Comet a réagi “avec dignité, solidité et sérénité” à la décision prise par le ministre, “sa pensée allant d’abord aux deux victimes de Marseille”.

Gérard Collomb a par ailleurs annoncé une batterie de mesures destinées à réformer la gestion de l’éloignement à la préfecture du Rhône et partout en France, avec 200 places supplémentaires dans les CRA et une volonté d’utiliser “prioritairement” les places dans ces centres pour les “étrangers en situation irrégulière qui présentent une menace pour l’ordre public”.

“Victime expiatoire”

Laurent Wauquiez, président (Les Républicains) d’Auvergne-Rhône-Alpes, a qualifié mercredi de “victime expiatoire” le préfet de sa région, Henri-Michel Comet, et dénoncé des “dysfonctionnement dans l’appareil d’Etat”
“On a eu un drame, on a eu deux filles qui ont perdu la vie, et on a eu surtout des révélations au fond assez terribles sur les dysfonctionnements de l’appareil d’Etat. Mais qui peut croire juste un instant qu’un préfet soit en cause ? (…) Ce que ça a révélé, c’est que quand un étranger est en situation irrégulière en France, il n’est quasiment jamais reconduit à la frontière. Ca veut dire qu’on a accepté en France progressivement que la loi ne soit même plus appliquée”


“La deuxième chose, c’est qu’au fond, voilà un individu qui a plusieurs fois commis des vols et qui n’a quasiment jamais été sanctionné. Ce qui est là aussi la situation aujourd’hui de l’état de droit en France. Quasiment dans 80% des cas quand un policier ou un gendarme arrête un délinquant, il sera relâché sans même avoir une peine de justice (…) Je préférerais, plutôt que d’aller chercher une victime expiatoire, en faisant croire que c’est le préfet d’une région de neuf millions d’habitants qui n’a pas bien instruit un dossier d’une personne en préfecture, qu’on se pose les questions de fond. La question ce n’est pas un homme, c’est la défaillance de l’Etat de droit dans note pays”.

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