SNCF : l'Etat reprendra 35 milliards d'euros de dette de la compagnie, confirme Edouard Philippe

Après un entretien avec le Premier ministre, l’Unsa s’est dite “rassurée” sur la dette, tandis que la CGT annonce la poursuite de la grève.

C’est confirmé. L’Etat reprendra bien 35 milliards d’euros de dette de la SNCF, a annoncé Edouard Philippe ce vendredi. “Cette reprise constitue un engagement sans précédent de la nation et du contribuable en faveur de la SNCF”, a insisté le Premier ministre.

“Une charge supplémentaire pour le contribuable”

Dans le détail, l’Etat reprendra 25 milliards en 2020 et 10 milliards en 2022 avec l’objectif d’atteindre l’équilibre “avant la fin du quinquennat”, a précisé le Premier ministre. La dette de la SNCF viendra s’ajouter à la dette publique globale, “Ce sera bien une charge supplémentaire pour le contribuable”, a-t-il insisté.

Edouard Philippe a également déclaré que ce geste de l’Etat sera assorti d’une “règle contraignante” pour empêcher la SNCF de connaître à nouveau à l’avenir une dette “insoutenable”. SNCF Réseau est endetté à hauteur de 47 milliards d’euros au total.

L’annonce a été faite à l’issue d’une matinée de rencontres bilatérales avec les syndicats de cheminots pour tenter de mettre fin à la grève.

Une sortie de la grève avant le 5 juin possible ?

Ces annonces peuvent-elles signer la fin de la grève ? Une décision sera prise “très rapidement dans nos structures”, a affirmé le secrétaire général du syndicat Unsa, Roger Dillenseger. Une sortie de la grève avant le 5 juin est même envisagée, poursuit-il. “Cela va faire partie des débats que nous aurons” en interne. “Nous sommes dans de vraies négociations depuis le 11 mai”, quand l’Unsa ferroviaire et la CFDT Cheminots ont commencé à négocier des amendements au texte voté à l’Assemblée avec le ministère des Transports, a-t-il rappelé.

La CGT Cheminots veut “continuer le combat”

De son côté, la CGT Cheminots s’est montrée beaucoup moins enthousiaste. Elle a annoncé son intention de continuer la grève, exige une table ronde pour “fixer par écrit les engagements du gouvernement”, a déclaré son secrétaire général Laurent Brun. 

“On continue le conflit, le combat”, a-t-il poursuivi. “Le Premier ministre n’a pas fermé la porte” à la demande de table ronde formulée par la CGT Cheminots, “il a dit qu’il réfléchissait au sujet et nous donnerait une réponse très prochainement”, a-t-il continué, soulignant que c’est “la responsabilité du gouvernement de trouver des solutions de sortie du conflit”.