Toulouse: la justice ordonne la fermeture d'une école musulmane

Une enseignante du “Groupe Scolaire” Al-Badr, le 23 janvier 2014 / AFP

Le tribunal correctionnel de Toulouse a ordonné jeudi la fermeture de l’école musulmane Al-Badr pour enseignement “non conforme”. Son directeur a également été condamné à une peine de sursis, un jugement qualifié d’ “inique” par son avocat.

L’école devra fermer ses portes pour enseignement “non conforme”. Le tribunal correctionnel de Toulouse l’a ordonné jeudi.  

Dans un premier volet du dossier, la justice a condamné Abdelfattah Rahhaoui, directeur de l’école hors-contrat Al-Badr, à quatre mois de prison avec sursis et à une interdiction de diriger un établissement d’éducation, pour enseignement “non conforme”, selon le jugement lu à l’audience.

Le tribunal a aussi ordonné la fermeture de l’établissement, situé dans le quartier populaire de Bellefontaine à Toulouse. L’association Al-Badr en tant que personne morale a écopé de 5.000 euros d’amende et d’une “interdiction définitive d’exercer”. 

Dans un second volet, relatif à des violences sur mineurs et à l’ouverture “illégale” d’un établissement secondaire en récidive, Rahhaoui a été condamné à 2 mois de prison avec sursis et à 3.000 euros d’amende. Dans ces deux volets, le tribunal a suivi les réquisitions formulées par la procureure Florence Poudens lors de l’audience du 17 novembre, choisissant cependant d’y retrancher un mois de prison avec sursis.

Un iman jugé conservateur

Rahhaoui, joint par téléphone, a indiqué son intention de faire appel. “On est bien évidemment déçus par la décision, qui nous paraît totalement inique”, a réagi Me Hidem Droua, avocat de l’imam.

L’imam de 43 ans, réputé pour son conservatisme, dirige depuis 2013 l’école Al-Badr avec l’autorisation de délivrer un enseignement à 55 élèves en primaire. Mais en tout, 85 enfants sont concernés par cette fermeture, selon l’avocat de l’imam.  

Après des années de procédure, il était poursuivi pour trois chefs d’accusation. Outre des violences sur des élèves, le parquet, saisi par l’Inspection d’académie, avait demandé la fermeture de son établissement pour programmes “non conformes”, estimant qu’il ne respectait pas le “socle commun des connaissances”.

Rahhaoui était aussi poursuivi pour “ouverture illégale d’établissement” car des enseignements du secondaire, selon l’accusation, étaient également dispensés sans autorisation. L’inspection académique n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat.

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