Un ancien dirigeant nazi serait mort dans un cachot en Syrie

Photo non datée – AFP

Selon une enquête publiée par la revue XXI, Alois Brunner, co-artisan de la Solution Finale sous le régime d’Hitler, aurait fini sa vie dans un cachot à Damas, en Syrie, où il aurait bénéficié de la protection du régime pendant de longues années.

Jugé responsable de l’assassinat de quelque 130 000 juifs d’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, Alois Brunner avait réussi à fuir après la chute d’Hitler. Avec un faux passeport, il s’était réfugié en Egypte, puis en Syrie selon de nombreux témoignages.

Mais cette fois, la revue XXI en dit plus : selon son enquête publiée cette semaine, l’ancien tortionnaire nazi serait mort en 2001, dans des conditions misérables, enfermé dans un cachot situé au sous-sol d’un immeuble de civils. Trois anciens membres des services de sécurité syriens chargés de sa protection, ont accepté de témoigner, racontant que Alois Brunner était mort à l’âge de 89 ans et qu’il avait été inhumé “en toute discrétion” au cimetière Al-Affif à Damas.

Selon eux, Alois Brunner était assigné à résidence depuis le début des années 90 et aurait encore été déménagé pour des raisons de sécurité au sous-sol d’un immeuble habité par des civils, d’où il ne serait jamais ressorti. Il aurait vécu la fin de sa vie enfermé dans des conditions plus que misérables : “Il était très fatigué, très malade. Il souffrait et criait beaucoup, tout le monde l’entendait”, a raconté un des gardes. Pour manger, “il avait droit à une part de soldat, un truc infâme, un œuf ou une patate, l’un ou l’autre. (…) Il ne pouvait même pas se laver”.

Selon le journaliste Hedi Aouidj, qui a mené l’enquête pour XXI, Alois Brunner avait conclu un pacte avec le régime d’Hafez Al-Assad (le père de Bachar Al-Assad). “Le deal, c’était la protection contre le savoir-faire nazi”, a-t-il affirmé sur France Inter.

L’historien, Serge Klarsfeld, dont le père a été enlevé et exécuté par un commando mené par Alois Brunner, a réagi : “On est satisfait de savoir qu’il a mal vécu plutôt que mieux vécu”, ajoutant : “Ce que raconte l’enquête de XXI est tout à fait vraisemblable”. Selon lui, Alois Brunner, qui se faisait appeler Abou Hossein, était toujours violemment antisémite à sa mort. “Jusqu’à la fin il a gardé intacte sa haine des juifs, sa foi dans le national-socialisme”, a rappelé M. Klarsfeld. “C’est quelqu’un qui haïssait la France autant que les juifs.”

Lire un extrait de l’enquête sur le site de la revue XXI.

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